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mercredi 15 juillet 2015

Deux ans après, retour sur l’affaire Benitez à Perpignan, sur W9

Docu-info - Société | 2014 | 120min. (20H50/22H50) 
Interdit aux moins de 10 ans
Présentation : Sidonie Bonnec, Paul Lefèvre
«Meurtre chez les Miss : l'affaire Benitez». Mais où est passée Alison Benitez, 17 ans, la très jolie candidate à l'élection Miss Roussillon qui s'est évaporée à la sortie d'un shooting photo le 14 juillet 2013 ? À Perpignan, ses amis sont fous d'inquiétude. Mais son père, Francisco, un légionnaire de 50 ans, se veut rassurant : Alison et sa mère, Marie-Josée, auraient quitté la ville pour s'installer à Toulouse, après une dispute avec lui. «Sexe, crime et perversité : l'affaire Sarrasin». 13 octobre 1995, RN 75, commune de Montagnat (Ain). Ce jour-là, un riverain découvre dans un fossé le corps sans vie de Sébastien Faisant, 24 ans. Il a été égorgé et criblé de balles.
 

lundi 13 juillet 2015

Affaire Benitez : le mystère des corps disparus

Francisco Benitez est, sans aucun doute, à l'origine de la disparition criminelle de sa femme Marie-Josée et d'Allison, sa fille. Avant de se suicider en août 2013, 20 jours après le double assassinat, il soutenait qu'elles étaient parties à Toulouse. Eric Barbet, le frère de Marie-Josée, réclame de nouvelles investigations.
Deux ans après la double disparition, les corps de Marie-Josée Benitez et de sa fille Allison, 19 ans, n'ont toujours pas été retrouvées. Les enquêteurs ont remué la terre et le sable de la pinède de Port-Leucate. Ils ont sondé les plans d'eau, sans avoir retrouvé un seul indice de la présence des deux dépouilles puisqu'il semble acquis aujourd'hui que la mère et la fille ont été assassinées dans l'appartement familial de Perpignan.
L'idée d'explorer, voire de vider la cuve de la station d'épuration de Port-Leucate semble avoir été abandonnée et la famille de Marie Josée, partie civile, s'inquiète de l'enlisement des investigations dans un dossier où les juges d'instruction ont changé.
«Les investigations pour retrouver les corps doivent reprendre. En janvier dernier, nous avions adressé des requêtes par la voix de notre avocat Maître Philippe Capsié et nous n'avons toujours pas de nouvelles. Nous souhaitons par exemple que des recherches soient menées dans le sous-sol de l'immeuble de la rue Jean-Richepin où la famille vivait. On accède à ce sous-sol par des trappes qui se trouvent dans le garage de Francisco Benitez. Étrangement, j'ai le sentiment qu'elles n'ont pas encore été visitées par les enquêteurs. C'est un endroit parfait pour cacher des corps ou d'autres éléments pouvant être liés à la double disparition» explique Éric Barbet, le frère de Marie Josée et oncle d'Allison.

«C'est une piste à suivre ou une porte à refermer»

Pour avoir passé des vacances chez les Benitez, il se souvient parfaitement de la configuration des lieux. Il a découvert que l'immeuble disposait d'un vide sanitaire en partie occupé par une ancienne fosse septique et une ancienne cuve de fuel. «C'est pour nous une des pistes à suivre ou une des portes à refermer. Car nous avons le sentiment que cette tuerie a bien eu lieu dans le garage, juste au-dessus du vide sanitaire», poursuit Éric Barbet.
Pour étayer sa requête, Éric Barbet et son épouse Ghislaine mettent en avant les déclarations de la maîtresse espagnole de Francisco Benitez. Maria Teresa, témoin capital, a résidé dans l'appartement familial le 19 juillet, cinq jours seulement après les deux meurtres. Dans une interview, elle a dit qu'elle n'avait rien remarqué d'anormal, sauf qu'elle avait été incommodée par une odeur insupportable dans la salle de bain.

Un appel à témoignages

«Cette odeur qualifiée d'insoutenable n'était pas celle de la poubelle des voisins. Elle ne pouvait provenir que du fenestron qui ne donne pas sur l'extérieur, mais sur une colonne sèche dont la base se trouve dans le vide sanitaire», argumente Éric Barbet, qui lance également un appel à témoignages. «Compte tenu de la violence de ce qui s'est passé le 14 juillet dans l'après-midi dans l'appartement, il me semble impossible que des voisins, des habitants de la rue n'aient rien entendu. Qu'ils n'aient pas perçu les cris d'Allison notamment», ajoute-t-il. Éric Barbet a encore réclamé le rapprochement judiciaire des deux dossiers qui visent directement Francisco Benitez : celui de la double disparition de Perpignan et celui de «l'évaporation» de la maîtresse du légionnaire, Simone de Oliveira, disparue le 29 novembre 2004 à Nîmes, brutalement elle aussi, en envoyant un texto à ses proches. «Un rapprochement qui pourrait sans doute être riche d'enseignements», estime Éric Barbet.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/07/13/2142939-affaire-benitez-le-mystere-des-corps-disparus.html

jeudi 2 octobre 2014

Affaire Benitez : la reprise des fouilles dans le secteur de Leucate reportée

Les recherches prévues après l'été dans la station d'épuration de Leucate sont ajournées pour raison technique.
Un an et deux mois après, le mystère demeure. Toutefois l'enquête menée sur les disparitions de Marie-Josée Benitez, 53 ans, et de sa fille Allison, 19 ans, introuvables depuis qu'elles se sont mystérieusement évaporées du domicile familial, 28 rue Richepin, à Perpignan le 14 juillet 2013, se poursuit discrètement
Dans le cadre des investigations menées par les services de l'antenne de la police judiciaire de Perpignan, il avait ainsi été envisagé de procéder à de nouvelles fouilles. Toujours dans ce secteur entourant la pinède de la presqu'île de Leucate où des recherches approfondies ont déjà été menées en septembre 2013 (Photo archives L'Indépendant). Cette fois, il s'agissait de vider les cuves de la station d'épuration toute proche. Une opération techniquement complexe et inédite qui était initialement prévue au printemps puis a été reportée après la saison touristique, période durant laquelle l'usine de traitement des eaux tourne à plein régime. Le temps de peaufiner cette opération exceptionnelle, qui est une première en France dans ce genre d'enquête, et qui réclame une préparation minutieuse. L'intervention du scaphandrier présente en effet un risque physique pour lui et exige un équipement particulier. De même, des engins de levage seront nécessaires pour soulever les éléments de la cuve et permettre au plongeur d'entrer à l'intérieur. Le juge d'instruction et les enquêteurs auraient ainsi décidé de profiter d'une opération de maintenance prévue cet automne dans la station pour procéder en parallèle à leurs vérifications. Or, l''inspection vient d'être ajournée en raison d'un problème technique.
Les recherches des policiers devront donc, elles aussi, attendre une nouvelle fois. Mais l'idée n'est toujours pas abandonnée et la fouille de la station devrait être lancée d'ici la fin de l'année. Le dernier espoir de trouver une réponse sur cette zone où Francisco Benitez, le père et mari des deux femmes, avait été repéré à plusieurs reprises, à des horaires peu habituels, voire étranges, dans les jours suivants leur disparition. Lui, ce mystérieux légionnaire qui, dans une mise en scène macabre, s'est pendu en uniforme le 5 août dans une cour de la caserne Joffre de Perpignan où il était chargé du recrutement. Passant de témoin capital à suspect principal. Et emportant avec lui sa vérité.

http://www.lindependant.fr/2014/10/02/affaire-benitez-la-reprise-des-fouilles-reportee,1936788.php

lundi 28 juillet 2014

Les derniers secrets du légionnaire Benitez

Il y a un an, disparaissaient la femme et la fille de Francisco Benitez. Suspecté des meurtres, il s'est suicidé dès août 2013 au cours d'une mise en scène macabre. Il est aussi soupçonné d'avoir fait disparaître une femme, en 2004, à Nîmes.
Pour les psycho-criminologues de la police, Francisco Benitez, était un «dominateur extrême», un type au sang chaud, mais aussi un séducteur invétéré fortement soupçonné d'être un serial killer de femmes.
Sans doute ce portrait psychologique est-il réducteur pour expliquer la folie de ce recruteur dela Légion étrangère de la caserne Joffre de Perpignan dont le suicide, le 5 août 2013, met à jour de terribles soupçons.
Ce jour là, Francisco Benitez, alias «Paco», met en scène sa pendaison dans la caserne. En uniforme, rangers cirés, ses décorations et un foulard noir masquant une partie de son visage, il se passe une corde autour du cou et saute par la fenêtre des sanitaires. C'est là qu'on le retrouvera, mort, au petit matin.
«Je vous demande svp de ne pas me juger, mais je suis vraiment au bout de mes forces. Souvenez-vous tout simplement du Benitez que vous connaissez», avait-il écrit au colonel avant son geste macabre.
Cet effroyable suicide est une énigme supplémentaire pour les enquêteurs de la PJ de Perpignan qui le soupçonnent très fortement d'avoir fait disparaître, le 14 juillet, son ex-épouse, Marie-Josée, 53 ans, et sa fille Allison, 19 ans dont la mort ne fait plus vraiment de doute. Des analyses ADN ont en effet été réalisées au domicile de Francisco Benitez et à la caserne où il travaillait. Au final, une infime trace de sang d'Allison a été découverte dans le congélateur transporté après avoir été nettoyée du domicile familial à la caserne et des empreintes génétiques ont également été décelées dans un lave-linge utilisé par le père de famille..
Mais ce suicide ouvre grande la porte du passé inquiétant de Francisco Benitez dont la photographie publiée dans les journaux fait naître de nouveaux et terribles soupçons.
Les enfants de Simone de Oliveira Alvès reconnaissent l'amant de leur mère. Or cette femme, rencontrée par «Paco» dans un bar à hôtesses de Nîmes, s'est volatilisée en novembre 2004. Les enquêteurs trouvent des similitudes avec la disparition de Marie-Josée et Allison. Le légionnaire, qui était alors affecté au 2e régiment étranger d'infanterie de Nîmes, est le dernier à avoir vue vivante Simone. Et, comme pour sa femme et sa fille, il ne s'était pas précipité pour signaler la disparition de 2004. Interrogé par les policiers, il leur aurait expliqué que la disparue et lui s'étaient disputés, qu'elle avait pris ses affaires et qu'elle lui avait envoyé un texto pour lui signifier qu'elle ne reviendrait pas.

Les recherches n'aboutissent pas

Sur la base des derniers contacts émis par les téléphones portables d'Allison et de son père, les enquêteurs engagent de nouvelles fouilles du côté de Leucate où Francisco aurait été repéré à plusieurs reprises les jours suivant la disparition de sa femme et de sa fille.
Mais ces recherches, focalisées en particulier sur les bassins de la station d'épuration de Leucate, n'ont pour l'instant rien donné. De nouvelles investigations devraient être engagées cet été pour tenter de lever le mystère qui plane sur le sort des disparues de Perpignan.

Chronologie à lire sur ce lien .........  http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/28/1925585-notre-enquete-sur-les-derniers-secrets-du-legionnaire-benitez.html

14 juillet : dernière trace de vie pour Allison à Canet-En-Roussillon. Son téléphone portable reste muet à partir de 17 heures.....   suite .............. 
http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/28/1925585-notre-enquete-sur-les-derniers-secrets-du-legionnaire-benitez.html

mardi 22 juillet 2014

Affaire Benitez : cette étrange vidéo tournée par la fille de Marie-Josée

Une vidéo troublante vient de ressurgir dans l'affaire Benitez. Lydia, la fille ainée de Marie-Josée, avait lancé en août 2013 un appel déchirant, pour retrouver sa mère.
Un deuxième témoignage vidéo vient de faire son apparition dans l'affaire de la double disparition de Marie Josée et d'Allison Benitez. Il s'agit d'un enregistrement datant du 4 août 2013. Lydia, la fille de Marie Josée y lance un appel déchirant et demande à sa jeune demi-sœur à et sa mère de rentrer à la maison ou en tout cas de se manifester au plus vite. L'enregistrement est très court mais poignant. Il a été réalisé en pleine vague de médiatisation de la double disparition et quelques heures seulement avant le suicide de Francisco Benitez, le père d'Allison, le mari de Marie Josée, aujourd'hui considéré comme le suspect numéro un.

Un témoin clef

«Ce qui a été dit nous touche au plus profond avec tout ce que nous vivons. Je veux surtout dire à ma maman et à Allison qu'elles donnent un signe de vie. Aucun reproche ne leur sera fait. On fera tout pour les aider à revenir discrètement. Je veux dire que je les aime fort et qu'elles se manifestent au plus vite» déclame, dos à la caméra Lydia, la grande fille de Marie Josée, élevée par Francisco Benitez dont elle était restée très proche. Elle est visiblement bouleversée. L'enregistrement a été mis en ligne sur le site de Paris-Match. Et il a été repris dans par les réseaux sociaux dans un contexte de faux plat judiciaire. Les enquêteurs tentent de déterminer dans quelles conditions Francisco Benitez a pu être aidé au moment de se débarrasser des cadavres après les probables assassinats survenus dans l'après-midi du 14 juillet dans l'appartement de la rue Jean Richepin.
Lydia, grande demi-sœur est l'un des témoins numéro un de cette période clef entre le moment de la disparition et celui du suicide de Francisco Benitez le 5 août au matin. Elle le rejoint à Perpignan. À Perpignan ou à Port-Leucate, elle passe beaucoup de temps avec celui qu'elle appelle papa et qui a veillé à son éducation lorsque celui-ci est entré dans la vie de Marie-Josée voici 25 ans. Et dont elle subit l'influence.
Après la disparition, elle est donc souvent avec son beau-père y compris le dernier week-end des 3 et 4 août, avec l'enregistrement du témoignage vidéo de Francisco Benitez qui avait été repris par tous les médias au moment de son suicide à la caserne de la Légion Etrangère. Il faudra attendre l'ultra-médiatisation des deux disparitions de Perpignan pour que Lydia lance cet appel déchirant et étonnant et plus de dix jours pour qu'elle signale officiellement la disparition de sa mère. Pendant des mois, y compris contre des évidences judiciaires, elle a soutenu la thèse de l'innocence de Francisco Benitez, même après la découverte de l' ADN d'Allison dans une partie inaccessible de l'ancien congélateur familial. Partie civile, elle vient de changer d'avocat............

La suite sur ce lien .... http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/22/1922531-affaire-benitez-etrange-video-tournee-fille-marie-josee.html

mercredi 16 juillet 2014

La famille d'Allison et Marie-Josée : «Francisco Benitez nous a bernés»

Un an et un jour après la disparition dramatique d'Allison Benitez et de sa mère, Marie Josée, Anne Haye, juge chargée de l'instruction a auditionné hier à Perpignan Éric Barbet, principale partie civile dans ce dossier énigmatique.
À l'évidence, la mère et la fille ont été tuées et Francisco Benitez, père et mari des disparues fait, plus que jamais figure de suspect numéro un. Mais il s'est suicidé le 5 août 2013 au petit matin.
Après des mois de doute et d'interrogations, il aura suffi de cette rencontre de 45 minutes, hier, dans le cabinet de la juge Anne Haye pour qu'Éric Barbet, frère de Marie Josée, oncle d'Allison, lui-même ancien militaire et considéré comme assez proche de Francisco Benitez reprenne espoir. «Cette rencontre nous a permis de comprendre que les investigations se poursuivaient, que l'enquête progressait. Cela nous a redonné un coup de fouet. Chaque matin, je me réveille en pensant que l'on va m'appeler pour me dire qu'on les a retrouvés, même si je ne me fais plus d'illusion. Mais pour nous il est important de découvrir la vérité, toute la vérité» explique Éric Barbet devenu le meilleur observateur de ce dossier hors-norme.
«Mon intime conviction que Francisco Benitez était pour quelque chose dans leurs disparitions, c'est lorsque l'on a découvert l'ADN d'Allison dans le congélateur. C'était en septembre dernier. Depuis, plus rien n'est venu contredire ce scénario. Bien au contraire. Pour moi, c'est bien lui qui est à l'origine de tout ça» ajoute-t-il sans l'ombre d'une hésitation. De fait, les éléments et les charges qui pèsent sur ce légionnaire de 53 ans, en charge du recrutement à la caserne Joffre de Perpignan s'accumulent. Depuis le mois d'août, dans son appartement du Var, Éric Barbet compile et recoupe. Il accumule les notes, rapproche les éléments. « Je veux connaître la vérité. Depuis qu'elles ont disparu, ma vie s'est arrêtée. Je ne sors plus. Je ne vois plus mes amis. Je n'ai plus d'activité sinon celle de rechercher la vérité» poursuit Éric Barbet, qui avait une bonne relation avec Francisco Benitez.
Avec sa compagne Ghislaine Navarro, le dimanche 4 août 2013 à Perpignan, ils avaient passé deux heures avec lui dans un grand moment d'émotion et de manipulation. «À ce moment-là, nous étions nous-même dans la souffrance, désemparés par la double disparition et aussi bouleversés par le désespoir affiché par Francisco qui d'habitude se présentait comme un homme solide. Toutes les dix minutes, il était pris de crises de larmes. Il répétait qu'il allait faire une bêtise, flinguer tout le monde dans le quartier et qu'il allait se tirer une balle dans la tête. À ce moment-là, notre seul souci c'était d'éviter qu'il se suicide car on le sentait très fragile. Avec le recul, nous estimons aujourd'hui qu'il nous a bernés moi et ma compagne Ghislaine, qu'il nous a odieusement trompés».

Il y a un an, le 14 juillet

En ce 14 juillet date anniversaire de la disparition supposée d'Allison et de Marie Josée, deux gerbes de fleurs ont été déposées au pied de la porte d'entrée de l'immeuble de la famille Benitez, perpétuant ainsi le marquage émotionnel dans cette rue Jean-Richepin, principal théâtre de la tragédie. C'est là qu'elles ont vécu, entre bonheur familial éphémère et destruction matrimoniale. C'est là qu'elles ont été assassinées dans des conditions qui restent encore à établir. «C'est un geste d'affection. Nous l'avons fait dans la plus stricte intimité. Nous sommes venus nous recueillir quelques instants. Cela nous apparaissait important. L'autre gerbe a été déposée par un couple d'amis de Marie Josée» explique simplement Éric Barbet.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/16/1919407-disparues-de-perpignan-francisco-benitez-nous-a-bernes.html

lundi 14 juillet 2014

Disparition d'Allison Benitez et de sa mère à Perpignan : un an après, toujours le mystère

Un an après leur disparition, Allison Benitez et sa mère sont toujours introuvables. Principal suspect le légionnaire Francisco Benitez qui s'est suicidé en août dernier
Francisco Benitez a-t-il agi seul lorsqu'il a fait disparaître Marie Josée son épouse et Allison sa fille dans la journée du 14 juillet 2013 ? Le légionnaire de la caserne Joffre de Perpignan a-t-il bénéficié de complicités au moment de placer les deux cadavres dans son grand break Laguna de couleur noir avec les vitres fumées pour s'en débarrasser ? Et que sont depuis devenus les corps des deux disparues ?
Telles sont aujourd'hui les questions qui sont sur la table judiciaire après onze mois d'instruction dans cette affaire étonnante de la disparition d'une jeune future reine de beauté, Allison belle et a priori chérie par ses deux parents. Elle s'est comme volatilisée en fin d'après-midi du 14 juillet comme sa mère Marie Josée, 53 ans, sans emploi et en instance de divorce dans un climat matrimonial dégradé.
Prochainement, les enquêteurs du SRPJ vont intervenir dans la cuve de la station d'épuration qui domine Port Leucate puisqu'aujourd'hui, il ne fait aucun doute que Marie Josée et Allison sont mortes. Et pourtant ! En juillet 2013, pendant une semaine Francisco Benitez 51 ans adjudant-chef de la Légion Etrangère avait soutenu que la mère et la fille avaient quitté le domicile vers 17h au soir du 14 juillet pour se rendre à Toulouse. Début août, il s'était suicidé par pendaison dans la cour de la caserne Joffre de Perpignan ce qui lui évitait d'avoir à répondre aux questions des enquêteurs puisqu'il devait être entendu dans les jours suivants. «On peut encore aujourd'hui imaginer que Francisco Benitez n'ait pas agi seul. C'est une éventualité que les enquêteurs s'attachent à établir. Les investigations sont faites tous azimuts, dans les entourages professionnels, familiaux et affectifs de Benitez car, Monsieur Bénitez avait une vie affective très développée» explique Me Etienne Nicolau, l'avocat d'Edwige la sœur de Marie Josée qui s'est constitué partie civile. «Si aujourd'hui Francisco Benitez était vivant, il y a dans le dossier suffisamment d'indices graves et concordants pour qu'il soit mis en examen. Reste à établir les conditions précises des homicides. Est-ce une dispute qui a dégénéré ou bien un acte mûrement préparé» poursuit Me Philippe Capsié, l'avocat de la famille de Marie Josée et d'Allison. Onze mois d'information judiciaire ont également permis de préciser le portrait psychologique de ce militaire de carrière de cinquante ans, apprécié de sa hiérarchie pour ses qualités de relation publique et de contact mais aux notions de commandement controversées.
Il est aujourd'hui présenté tantôt comme un professionnel exigeant et rigoureux, comme un supérieur hiérarchique apprécié et tantôt comme un chef de groupe sans pitié et parfois même un peu sadique dans des opérations extérieures, capable de manque de maîtrise y compris au plan opérationnel. La mise à plat de la vie privée de ce quinquagénaire qui aimait les femmes a permis de démontrer son talent de dissimulateur. Il menait de front des «relations affectives» avec trois maîtresses.
C'est notamment le mystère de la double vie qu'essayait de percer la jeune Allison qui avait lancé ses propres investigations pour avoir exactement quelle était la vraie vie de son père alors que sa mère Marie Josée avait décidé de prendre le large dans un climat de conflit ouvert.
Enfin il y a cette confidence d'un habitant du quartier : «Allison nous avait rapporté que son père les avait menacées de les tuer et de faire disparaître leur corps qu'on ne retrouverait jamais. À l'époque elle avait fini par penser que ces menaces c'était pour rire…»

«Dans l'attente de la découverte des corps»

Les évidences judiciaires ont fini par avoir raison de l'intime conviction des proches du couple Benitez qui avait tenté, en pure perte, pendant quelques mois, de sauver l'image du légionnaire.
Lydia, la fille aînée de Marie-Josée, en état de choc psychologique s'est battu pour croire encore à l'innocence de cet homme aimé, apprécié, qu'elle voyait comme ce père qu'elle n'avait pas eu et dont elle était très proche y compris encore la veille de son suicide dans l'Hérault puis à Perpignan le dimanche après-midi.
«Elle souffre psychologiquement. Mais, aujourd'hui elle s'est ralliée à la position commune. Pour elle, comme pour sa sœur Roxane, comme pour Eric Barbet, le frère de Marie Josée, Francisco Benitez fait bien aujourd'hui figure de suspect numéro un.

Les derniers soutiens de Bénitez s'effondrent

Les éléments du dossier, nombreux, démontrent qu'il est à l'origine de leur disparition sans aucun doute possible. Il reste à savoir s'il a agi seul ou s'il a reçu de l'aide au moment des faits ou pour faire disparaitre les corps» indique Me Philippe Capsié.
«Nous sommes dans l'attente de la découverte des corps. Nous en sommes rendus à cette situation» ajoute Edwige Barbet, sœur de Marie Josée, installée en Lot-et-Garonne, en rupture avec le reste de la famille depuis des années mais qui la première avait émis l'hypothèse d'une double disparition orchestrée. Et elle avait elle-même désigné du doigt Francisco Benitez comme un homme capable d'avoir organisé et forcé cette «séparation».

http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/14/1918178-disparition-allison-benitez-mere-perpignan-an-apres-toujours-mystere.html

dimanche 5 janvier 2014

Disparues de Perpignan : Francisco Benitez vu par un camarade de combat

Ioan Horghidan, qui a servi sous les ordres de Francisco Benitez , dresse le profil psychologique du légionnaire soupçonné d’avoir tué sa femme et sa fille dans les Pyrénées-Orientales.
 

"Ce n’était pas un tueur en série, un schizophrène ou un obsédé sexuel. C’était quelqu’un de fragile, qui avait tous les symptômes d’un stress post-traumatique."
Six mois après le suicide à Perpignan de l’adjudant-chef Francisco Benitez, soupçonné d’avoir tué le 14 juillet sa femme Marie-Josée et sa fille Allison, Ioan Horghidan s’est décidé à en parler. "Pour aider l’enquête et pour faire avancer la vérité, même si c’est difficile de parler d’un camarade qu’on a perdu, alors qu’il y a aussi la douleur de la famille, et l’institution que l’on respecte, même si on n’est plus en service."


Sous les ordres du légionnaire
De 1994 à 1998, ce Roumain a été le subordonné direct du légionnaire espagnol au 2e REI de Nîmes. "Il était l’adjoint du chef de section, j’étais son chef de groupe, sous ses ordres", raconte cet homme qui a passé quinze ans dans la Légion, après avoir été chasseur alpin en Roumanie. Ensemble, ils sont allés au Tchad, au Gabon, en Centrafrique, en ex-Yougoslavie.
"Il se sentait menacé par notre regard" selon Ioan Horghidan
Quatre ans à partager les entraînements, les missions, la vie militaire, aux côtés de ce sous-officier qui semblait déjà avoir sa part d’ombre. "On avait un lien fort, mais on ne se tapait pas dans le dos. Il était très discret, très secret, très étrange. Au combat, on voyait qu’il était fragile psychologiquement, mais il se maîtrisait. Il était sportif, courageux, fin stratège et très bon pédagogue", raconte Ioan Horghidan. "Mais c’était aussi quelqu’un qui faisait des efforts pour maîtriser son stress et cacher son anxiété."
"Un déséquilibre relationnel"
Un homme "respecté par ses chefs et ses subordonnés. Mais ses qualités physiques masquaient ses défauts psychologiques." Parmi ceux-ci, "un déséquilibre relationnel", une tendance à "s’énerver hors du contexte. Il n’était pas comme nous. Il était à l’écart, il se sentait menacé par notre regard. Il n’aimait pas qu’on le regarde dans les yeux. Quand il se mettait en colère, on rasait les murs. Soudain, il gueulait qu’on ne se donnait pas assez à l’entraînement... On était tout surpris, on se demandait ce qu’on avait fait."
"Très perfectionniste"
Autre caractéristique, son côté "très perfectionniste : il était prêt à 6 h quand on devait partir à 7 h. Il en faisait trop, trop vite et trop bien. Le commandement n’en demandait pas autant." Déjà, Francisco Benitez était féru d’informatique : "Il était très pointu, il s’était acheté un ordinateur et une imprimante portable pour faire son travail sur le terrain, même quand il n’y avait pas d’électricité. Les autres, à son niveau de grade, travaillaient encore avec le stylo et le papier."
Ioan Horghidan, qui a passé de longues semaines à travailler sur son "profil psychologique" voit rétrospectivement dans ces traits de caractère les signes d’un traumatisme ancien ayant profondément marqué Francisco Benitez.
"C’est quelque chose qui s’était passé dans son enfance"
Une blessure qui ne serait pas liée à sa carrière militaire. "En mission, on a eu des blessés, on a vécu des situations difficiles. Mais pour moi, c’est quelque chose qui s’était passé dans son enfance. Il y a été malheureux. Il ne parlait jamais de ses souvenirs, et n’avait pas de perspectives d’avenir."
C’est ce terreau que des "facteurs externes" ont réussi à déstabiliser, estime Ioan Horghidan. En 2004, lorsqu’il apprend que Simone, la jeune femme avec qui il entretenait une relation extraconjugale, est enceinte. "À ce moment-là, les relations avec sa femme étaient déjà dégradées, et il devait partir s’installer pour deux ans à Mayotte, sans être certain de pouvoir revenir ensuite au 2e REI. C’était pour lui un facteur de stress."
Simone n’a jamais été retrouvée, pas plus que Marie-Josée, l’épouse de Benitez, et Allison, sa fille qui rêvait d’être élue Miss Roussillon, disparues cet été. "Pour moi, le drame est lié à cette élection. Dans sa tête, il ne voulait pas que sa fille y participe. Cela le renvoyait au poids de ses échecs, à sa difficulté à supporter le regard des autres. Plus l’élection approchait, plus son angoisse augmentait."
Le drame du 14 juillet à Perpignan : "Forcément un accident" 
Selon lui, ce qui s’est joué le 14 juillet dans l’appartement familial de Perpignan est "forcément un accident. S’il avait prévu cet acte, avec son expérience, il aurait fait autrement. Il serait parti en vacances avec elles, et revenu sans elles."
Ce qui se passe ensuite, pendant les vingt jours qui s’écoulent jusqu’à son suicide, ne s’explique que par son désir "de ne pas décevoir la Légion. Quand on est étranger, on s’y sent presque comme une famille d’accueil. Pendant ces vingt jours, il a eu le temps de réfléchir, et il s’est donné beaucoup de peine pour faire disparaître les corps et jurer jusqu’au bout qu’il n’était pas coupable. Il ne voulait pas être jugé par ses pairs. Comme il ne pouvait pas reconnaître ses actes, il l’a fait en se donnant la mort. En tenue militaire, pour que ses pairs ne l’oublient pas."
Ioan Horghidan n’avait plus vu depuis de longues années son ancien chef. "La dernière fois, j’avais été surpris par sa réaction. Il avait eu l’air gêné, il était fuyant." Jusqu’à cet été, où l’adjudant Benitez déboule au premier rang des actualités nationales. "Quand j’ai vu son visage à la télévision, j’en ai eu froid dans le dos."

http://www.midilibre.fr/2014/01/04/francisco-benitez-vu-par-un-camarade-de-combat,804220.php

dimanche 15 décembre 2013

Disparition de Marie-Josée et Allison: les doutes de la famille Benitez

«Des éléments de l’enquête accusent Francisco Benitez mais pour l’instant, il n’y a pas de preuve formelle que c’est bien lui qui ait assassiné Marie-José et surtout Allison…» C’est Eric Barbet le frère de Marie-Josée qui parle pour exprimer les doutes qui hantent les nuits des membres de toute la famille Benitez. Ils sont les proches des acteurs de cette triple tragédie survenue le 14 juillet dernier, prolongée par le suicide le 5 août de Francisco Benitez.
Cinq mois après la disparition de Marie Josée et d’Allison, ils n’ont toujours pas de certitude : «Nous cherchons toujours à comprendre. Nuit et jour. Nous sommes aussi dévastés qu’au moment de l’annonce de la disparition. C’est comme si notre vie à tous s’était arrêtée. C’est valable pour moi, pour Ghislaine mon épouse, pour Lydia et Roxane, les deux filles de Marie-José qui ont grandi dans le foyer Benitez pendant toutes ses années», poursuit Eric Barbet qui compile de jour comme de nuit toutes les informations qui lui parviennent, notamment par le biais de son avocat, Me Philippe Capsié.
«Il faut faire le tri. Mais jusque-là toutes les informations fuitées dans la presse étaient valables, notamment celle de l’ ADN d’Allison retrouvé dans une trace de sang à l’intérieur du congélateur. Pour nous tous, cette nouvelle a été terrible. Elle nous a anéantis» poursuit-il.

«un homme détruit psychologiquement»

Eric Barbet et son épouse font partie des dernières personnes à avoir vu vivant Francisco Benitez, l’adjudant-chef de la légion étrangère, le mari de Marie-Josée et le père d’Allison. Il s’était suicidé, par pendaison dans la caserne le 5 août au matin. Au moment de sa disparition, il faisait figure de témoin numéro un dans ce qui était à l’époque une double disparition inquiétante.
«Nous avons passé deux heures avec un homme détruit psychologiquement. Il venait d’enregistrer la vidéo et de ramener Lydia. Il n’arrêtait pas de dire qu’il allait faire une bêtise. Mais un peu plus tard dans la soirée, je l’avais eu au téléphone. Il semblait apaisé et nous avait donné rendez-vous pour le lendemain matin. Je ne le vois pas capable de s’en prendre à Allison.

Un SMS sans faute

Ils étaient vraiment fusionnel avec sa fille unique», ajoute Eric Barbet qui émet des doutes sur sa capacité à exécuter un des éléments clefs du dossier : la rédaction du texto qui devait valider le départ de Marie-José et d’Allison pour Toulouse. Ce texto a été expédié, le 14 juillet à 17 h 17 depuis le téléphone portable de Marie José sur celui de sa fille Lydia. «Il est écrit dans un français impeccable, sans faute d’orthographe ni même de syntaxe. Or, Benitez ne maîtrisait pas très bien le français. Pour le parler et encore moins pour l’écrire. Je le crois totalement incapable de rédiger ce texte», estime encore Eric Barbet qui espère de nouveaux éléments pour éclairer un peu mieux les événements dramatiques qui se sont produits dans l’appartement familial des Bénitez en milieu ou en fin d’après-midi le 14 juillet dernier 2013.

http://www.ladepeche.fr/article/2013/12/15/1775743-disparition-marie-josee-allison-doutes-famille-benitez.html