mardi 13 mars 2012

Assassinat de Philippe Gletty : «Le mobile du stress ne tient pas»

À peine passée la porte d’entrée, on sent l’ambiance pesante. Les employés de Princeps Alu sont au travail mais les visages sont marqués. Virigine Fontanel, qui s’occupe du marketing, a accepté de nous recevoir pour évoquer l’entreprise, son dirigeant emblématique, Philippe Gletty, et celle qui travaillait à ses côtés et qui est suspectée de l’avoir assassinée, Bettina Beau.
« Nous sommes sous le choc » confie-t-elle. « Déjà que la nouvelle du meurtre a été difficile, mais alors apprendre que c’était elle… On a soupçonné du monde, mais elle, jamais ». Personne n’arrive à y croire : « Il lui faisait confiance à 200 %. Ils se connaissaient depuis seize ans, elle l’avait suivi dès la création de l’entreprise, en 2001 ». C’était plus qu’une secrétaire de direction : « Elle avait en charge la comptabilité, certaines charges administratives, elle était indispensable au fonctionnement de la société ». Les employés aussi lui faisaient entièrement confiance : « Quand on a appris le décès de Philippe, c’est la première personne de l’entreprise à laquelle on a pensé ».
Maintenant se pose la question du mobile. Car le stress, qu’elle invoque, « personne n’y croit. On est tous plus ou moins stressés pas notre boulot, ce n’est pas une raison pour tuer quelqu’un. Il faudra que les gendarmes trouvent autre chose pour me convaincre » dit Virginie Fontanel.
La thèse d’une éventuelle liaison sentimentale ? « Pour moi, c’est impossible ». Celle d’un éventuel détournement d’argent ? « Là encore, je n’y crois pas. Mais les comptes vont être épluchés pour qu’on sache ». Tout cela lui semble tellement irrationnel : « Déjà sa disparition était bizarre. Car s’il avait voulu s’absenter un long moment, il aurait prévenu. L’entreprise, c’était son troisième bébé (NDLR : Philippe Gletty était papa de deux enfants), et il ne l’aurait jamais laissé tomber ». C’est pourquoi, dès le départ, aucun employé n’a cru à la thèse du suicide ou de la disparition volontaire.
L’annonce du meurtre, puis de la mise en examen de Bettina Beau, paraissent tout autant irrationnel. « Mais j’espère qu’on saura la vérité un jour, il faut qu’on comprenne ».
Aujourd’hui, malgré le choc, il faut bien continuer à avancer : « Il y a du travail, il faut le faire. Et puis, ne serait-ce qu’en mémoire de Philippe, tout le monde est motivé pour faire vivre l’entreprise ».

Rappel des faits

Lundi 27 février

Philippe Gletty ne donne plus signe de vie. Son véhicule est retrouvé à La Terrasse-sur-Dorlay et sa disparition est signalée le lendemain aux gendarmes. Les premières recherches entreprises ne donnent rien.

Dimanche 4 mars

Son corps est retrouvé sur les bords du Dorlay, à Doizieux, par un membre de sa famille parti à sa recherche. Il porte les traces de trois balles de petit calibre, son portefeuille et son téléphone portable ont disparu. La mort remonte vraisemblablement au jour même de sa disparition.

Jeudi 8 mars

Bettina Beau se présente aux gendarmes pour avouer le meurtre de son patron. Le lendemain, elle est mise en examen pour « assassinat » et écrouée.
http://www.leprogres.fr/loire/2012/03/13/assassinat-de-philippe-gletty-le-mobile-du-stress-ne-tient-pas

Aucun commentaire: