jeudi 31 octobre 2013

Seine-Maritine : un médiateur des transports reçoit une flèche en plein thorax

Selon RTL, un médiateur des transports en commun de Seine-Maritime a reçu, mercredi en Seine-Maritime, une flèche en plein thorax. Le tireur est toujours recherché.

Comme le révèle RTL, un médiateur des transports en commun a été la cible d'un tireur embusqué mercredi à 20 heures sur la commune de Grand Quevilly, en Seine-Maritime. Le site explique que "la victime a reçu en plein thorax une flèche de 20 centimètres de long avec un bout en fer". Le tireur est toujours recherché.
La flèche aurait été tirée depuis une arbalète, selon RTL. La pointe a, en partie, heurté le talkie-walkie, ce qui, lui a sans doute sauvé la vie.
 

mercredi 30 octobre 2013

Rixe mortelle à Grenoble: le suspect identifié a été arrêté

L'auteur présumé du coup de couteau qui a coûté la vie à un jeune homme devant une discothèque de Grenoble le week-end dernier a été interpellé et placé en garde à vue mercredi, a-t-on appris auprès du parquet, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Il était entre 3h et 4h du matin quand une bagarre a éclaté devant une discothèque de Grenoble samedi dernier. Alors qu'ils se trouvaient sur le parking de la discothèque, deux groupes, qui venaient d'être refoulés de la discothèque "Le Nox" du centre-ville, se sont affrontés, pour une raison indéterminée.
La victime, un jeune homme de 24 ans, avait reçu un coup de couteau fatal entre les côtes. Les deux autres jeunes hommes qui l'accompagnaient avaient été blessés, dont l'un au visage.
Très vite, la photo d'un suspect avait été diffusée dans la presse locale, ce qui a permis l'interpellation de l'auteur présumé des coups de couteau à son domicile à Grenoble, ainsi que cinq autres personnes de son "entourage", présentes sur les lieux de la rixe ou au courant de ce qui s'était passé, a précisé la police. "Nous sommes dans une affaire de fin de soirée qui a dégénéré entre  personnes alcoolisées", a expliqué la police.
 

mardi 29 octobre 2013

Bébé secoué : les soupçons s’orientent

Que s’est-il passé dans la matinée du mercredi 1er octobre à Mouzon, pour que ces événements tragiques conduisent à la mort d’un nourrisson de quatre mois ? Pour l’instant c’est encore un mystère, mais l’enquête qui devra déterminer les circonstances du drame progresse. L’étau semble d’ailleurs se resserrer autour de la mère.

Absent au moment des faits, le père ne semble plus être inquiété bien que toujours placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec la mère ou sa famille.

Joint par téléphone, il ne souhaite pas s’exprimer davantage sur le sujet. La mère, quant à elle, est toujours à Reims, placée en détention provisoire où elle aurait, selon une source judiciaire, avoué avoir secoué l’enfant « pour l’aider à déglutir ».
 
« Une affaire grave »

Au début de l’affaire, elle avait affirmé avoir retrouvé son bébé « inerte dans son lit ». Un changement de version qui ne jouerait pas en sa faveur selon des proches de la famille qui soulignent qu’elle est très affectée par le drame.

Si elle est mise en examen pour violence volontaire sur mineur de moins de 15 ans ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la mère encourt, en fonction des conséquences du geste : délit ou crime, de 5 ans de prison à 30 ans de réclusion criminelle.

Du côté du parquet de Reims, on nous explique que l’enquête suit son cours et qu’il est encore trop tôt pour confirmer quoi que ce soit quand bien même l’autopsie du bébé ferait état de violences. Le parquet reconnaît cependant qu’il s’agit « d’une affaire grave » et « d’un dossier extrêmement délicat »

.http://www.lunion.presse.fr/accueil/bebe-secoue-les-soupcons-s-orientent-vers-la-mere-ia0b0n240539

Corrèze. Zone d'ombre dans l'affaire du bébé retrouvé dans un coffre de voiture

De nombreuses questions se posent depuis la découverte ahurissante d’une fillette de 15 mois (peut-être 2 ans) dans le coffre d’une voiture à Brignac-la-Plaine (Corrèze). Ce sont des garagistes de Terrasson (Dordogne), à dix kilomètres de Brignac, qui ont donné l’alerte, vendredi. Alors que la mère de famille leur avait confié son véhicule pour une réparation, les employés, encore sous le choc (lire ci-contre), ont entendu des gémissements dans le coffre, d’où se dégageait une forte odeur d’excréments.
Les parents de cette petite fille, qui séjournait manifestement de façon régulière dans le coffre d’une Peugeot 307 break garée chaque jour en bordure de la départementale 39, ont été mis en examen dimanche avant d’être relâchés. Rose-Marie, 45 ans, et son compagnon âgé de 40 ans ont été laissés libres sous contrôle judiciaire. Ils risquent dix ans de prison.

LE BÉBÉ A UNE TAILLE ANORMALE

Elle est d’origine portugaise, sans emploi, et son compagnon, aussi portugais, est un artisan du bâtiment au chômage. Vendredi soir lors de son interpellation à son domicile, il était très alcoolisé et son audition n’avait pu commencer samedi qu’après une nuit en dégrisement. Leurs trois autres enfants - deux garçons de 9 et 10 ans et une fille de 4 ans - ont été confiés aux services sociaux, le temps de vérifier s’ils ont eux aussi subi des maltraitances. L’enfant, qui n’a pas de nom et est inconnu de l’état civil, ne parle pas et présente d’importantes carences, physiques (poids et taille) et psychomoteurs. Il est toujours hospitalisé à Brive où «son état de santé s’améliore».
«Le bébé a été dissimulé à tous points de vue, a priori depuis sa naissance», a expliqué Jean-Pierre Laffitte, le procureur de la République de Brive, pour qui cette affaire «défie l’imagination». Pourquoi Rose-Marie a-t-elle infligé une telle maltraitance à son enfant ? «Ce qui paraît certain, c’est qu’il séjournait de façon régulière dans le coffre de cette voiture, a confié une source proche de l’enquête. Quant au mobile de cette dissimulation, la mère n’en a fourni aucun. Ça reste le grand mystère.» Désormais, certains se remémorent cependant l’étrange manège de la mère de famille. Comme ces couvertures et ces cartons masquant parfois le véhicule et ce comportement étonnant de ces derniers mois. «Avec mon fils, on avait l’impression que cette femme vivait dans sa voiture. Elle ne la quittait pas ! Mais on n’a jamais entendu un seul pleur, jamais vu de biberon ou de poussette, évoque Pascale, une voisine. En tant qu’assistante maternelle, je promenais souvent les enfants que je gardais sur la départementale. Je me rappelle l’avoir vue plusieurs fois par semaine avec sa voiture garée sur un petit parking à environ 200 m de chez elle. Le coffre était systématiquement ouvert. Je me demandais bien ce qu’elle pouvait faire. Cette histoire est effarante.»
«Peut-être n’a-t-elle pas eu la «force» - si je puis dire - de tuer ou de laisser mourir cet enfant, a expliqué le psychiatre Roland Coutanceau. Il a donc fallu trouver un moyen de subvenir à ses besoins, ne serait-ce qu’un minimum, pour assurer sa survie. C’est très atypique : en trente ans d’exercice, je n’ai jamais vu ça.»

http://www.ladepeche.fr/article/2013/10/29/1741104-affaire-bebe-retrouve-coffre-voiture-entouree-ombre.html

lundi 28 octobre 2013

Bébé dans un coffre de voiture en Dordogne: la mère aurait caché l’existence de l’enfant, les parents mis en examen

La femme de 45 ans et son compagnon de 40 ans ont été laissés en liberté sous strict contrôle judiciaire.
Ils étaient en garde à vue depuis vendredi, après la découverte du bébé dans la voiture, en Dordogne : un cas de dissimulation étalé sur au moins 15 mois, l’âge présumé de l’enfant, et qui « défie l’imagination », a déclaré le procureur de Brive Jean-Pierre Laffitte.

Pas de déclaration à l’état-civil

L’enfant, qui n’a pas d’état-civil, « a été dissimulée, a priori depuis sa naissance, et, plus grave, elle présente des retards importants, sur plusieurs plans », notamment de la taille, du poids et des capacités ne correspondant pas à un âge d’entre 15 et 23 mois, a indiqué le procureur, soulignant que l’enfant ne parle pas.
Sud-Ouest affirme sur son site Internet que la petite fille n’aurait pas 12 mois comme avancé précédemment mais 23. Le quotidien a par ailleurs interrogé des voisins du couple qui n’avait jamais entendu parler de cette petite fille.
La petite fille avait été retrouvée déshydratée, nue, sale, dans un couffin, dans le coffre d’une voiture, que la mère avait amenée à un garage à Terrasson (Dordogne), à 10 km de leur village de Brignac-la-Plaine (Corrèze), pour une réparation.
Les employés avaient été alertés par « des bruits bizarres, comme des gémissements », venant de l’arrière du coffre, l’avaient ouvert et avaient alerté les gendarmes, en présence de la mère.

Dissimulé à tous points de vue

Le bébé a, semble-t-il, été dissimulé « à tous points de vue, c’est-à-dire auprès des proches, des membres de la famille, du voisinage et de l’état-civil », a ajouté le procureur, soulignant le caractère « exceptionnel » du cas.
La mère aurait déclaré aux enquêteurs avoir dissimulé l’enfant à son compagnon, lui a dit ignorer son existence, un parmi « de nombreux points qui demanderont vérification » par le juge d’instruction saisi, a ajouté le parquet.
Le couple a aussi été mis en examen pour dissimulation ayant entraîné atteinte à l’état-civil d’un enfant. Ils encourent au total une peine d’emprisonnement maximale de 10 ans.
Trois autres enfants du couple, âgés de 4, 9 et 10 ans, normalement scolarisés et qui n’« avaient jamais attiré l’attention », ont été confiés aux services sociaux du département pour un placement provisoire.

 http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/bebe-dans-un-coffre-de-voiture-en-dordogne-la-mere-ia0b0n1651395

dimanche 27 octobre 2013

Tentative de meurtre d'un douanier. Un Ardennais recherché


Un mandat d'arrêt national et international a été émis contre Jérémie Lousth. Cet Ardennais - domicilié à Carignan - serait l'auteur de la tentative de meurtre d'un douanier au Luxembourg.
Ce soir là, Jérémy Lousth aurait foncé sur un douanier pour échapper à un contrôle. Il l'aurait heurté avec son véhicule et le douanier a été très grièvement blessé.
L'auteur des faits s'est enfui à bord d'une BMW série 3 grise, immatriculée en France, rapporte le site de RTL.lu. D'après la police, "cette voiture doit être endommagée au niveau du capot et du pare-brise".
Le passager a pu être retrouvé. Jérémie Lousth court toujours et est activement recherché par la police. Un appel à témoins a été lancé pour retrouver l'auteur présumé des faits.
Jérémie Lousth n'est pas inconnu des forces de police en France, il avait écopé - avec un complice - de deux ans de prison ferme pour un "home jacking" très violent perpétré à Reims en janvier 2011. Les deux hommes s'en prennent à un professeur dans l'enseignement supérieur. L'homme était en train de garer son Audi A6, quand le complice de Jérémie Lousth le frappe par surprise, à la tête, avec un démonte-pneu. L'automobiliste s'écroule. Un deuxième coup de barre de fer lui éclate le visage.

La police veut également obtenir des informations quant à la voiture employée le jour du crime. Quiconque dispose d'informations utiles est prié de contacter la police au numéro (00352) 4997-6113 ou au 113
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 http://www.lunion.presse.fr/accueil/tentative-de-meurtre-d-un-douanier-un-ardennais-recherche-ia0b0n239278

samedi 26 octobre 2013

Un an après sa découverte, le squelette du Vieux Lille attend toujours une famille

Le 19 octobre 2012, un agent municipal découvrait le corps d’Alberto Rodriguez, dans sa maison du Vieux Lille, couché dans son lit et mort depuis une quinzaine d’années. Un an après, le « squelette de la rue Saint-Jacques » n’est toujours pas enterré. Les policiers ont retrouvé des neveux « potentiels » en Espagne. Et de nouveaux témoins permettent de mieux comprendre l’histoire incroyable et triste d’un homme déraciné, né en 1921 en Espagne.
1991, rue Saint-Jacques dans le Vieux Lille. Dania a rendez-vous avec le propriétaire d’une maison Art déco, à vendre. « Elle était très belle, avec des vitraux intacts, se rappelle Dania, elle avait une âme. » Le vendeur, un Espagnol peintre en bâtiment, Alberto Rodriguez, suscite sa curiosité. « Il était en costume. J’ai senti quelqu’un qui faisait un effort. Il était digne, d’une grande intelligence, fin et en même temps introverti et pudique. »
Deux autres rencontres suivent où Dania devient sa confidente. « Je l’ai écouté longuement. Je sentais un homme en guerre contre tout le monde et mal dans sa peau. Il ne se faisait pas à la France. Il était très galant et poli, mais il semblait couler depuis plusieurs années. » La dame en devine la raison : « Je pense qu’il a été blessé d’avoir quitté l’Espagne à 20 ans, et qu’il a vécu quelque chose de grave là-bas. Il m’a sous-entendu qu’il était parti à cause de Franco. À mon sens, il a été profondément traumatisé. Cinquante ans après, il en souffrait encore. Il m’a dit qu’il voulait faire des études d’histoire, en Espagne. Je crois qu’il y a perdu son âme, et qu’ensuite il a vécu dans le passé. Finalement, il s’est retrouvé obligé de vendre cette maison qu’il disait aimer. Il vivait très modestement. » Mais de vente, il n’y aura pas. Après trois entrevues, où « tout était prêt pour la transaction », Dania est contactée par le notaire : Alberto ne vend plus. « Je l’ai invité à revenir me dire bonjour. Il n’est jamais ven u. »
Dans les années qui suivent, l’Espagnol qui vit en France avec une carte de résident renouvelable, offre l’image d’un « homme discret, qu’on voyait toujours seul » : « un ermite » se souviennent des voisins. Sa seule amie connue, Lucie Chanat, une veuve madeleinoise de trente ans son aînée, est décédée en 1971. Elle lui a légué trois maisons, dont celle de la rue Saint-Jacques. Il en a vendu deux.
Solitaire, Alberto fréquente néanmoins des cafés lillois dont le Carnot, à côté de la chambre de commerce. « Il arrivait en tenue de peintre, comme un gars du bâtiment, et buvait un coup, explique le patron. Les trois ou quatre derniers mois où je l’ai vu, il disait toujours qu’il allait retourner en Espagne. »
Et puis, à partir de 1996-97, il disparaît. Tout le monde le croit parti. Sa maison est fermée et commence à se dégrader. L’eau et l’électricité sont coupées. Dans les années 2000, sa voisine le cherche à l’étranger, en vain.
En réalité, Alberto s’est enfermé dans sa chambre et y est mort, sur son lit. Le 19 octobre 2012, un agent municipal venu inspecter l’habitation le découvre. Le choc est immense : « On a tout de suite ressenti la culpabilité dans tout un quartier, se souvient le généalogiste Pierre Kerveléo. Des gens s’en voulaient de l’avoir laissé là. » Sauf que l’Espagnol semble avoir voulu brouiller les pistes et se murer dans la solitude. En affirmant qu’il allait rejoindre l’Espagne avant de disparaître, puis en s’enfermant et se laissant mourir, comme le confirme l’enquête de police.
Cette tendance à la dissimulation, d’autres l’évoquent aussi au moment de sa fuite vers la France, dans les années 1940. Le certificat de naissance transmis par le consulat espagnol indiquerait que son vrai prénom est Mamerto, et que sa ville de naissance (un village de la région de Santander) n’est pas celle qu’il a déclarée en France. Au printemps 2013, en Espagne, un retraité de 85 ans s’est manifesté, affirmant être le cousin germain du défunt. « Il l’a décrit à 20 ans comme un jeune homme solitaire et renfermé, rapporte Pierre Kervéléo, qui a participé à la recherche de descendants. En 1942, Alberto aurait décidé de quitter l’Espagne, un soir, traumatisé par la guerre et les exécutions. Je pense qu’il a changé de prénom pour être sûr qu’on ne le retrouve pas, et qu’il a voulu couper avec sa famille d’origine. »

Tests ADN

Et de la famille, il en aurait donc encore, aujourd’hui. La Sûreté urbaine de Lille a identifié deux neveux, une nièce et un petit-neveu espagnols. « On est toujours dans le cadre d’une enquête préliminaire, précise le procureur de la République Frédéric Fèvre. On a contacté le commissariat de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées Atlantiques), où on va faire des prélèvements ADN sur ces personnes. On les enverra dans un laboratoire à Marseille où ils seront comparés avec l’ADN des restes de la victime. Ça permettra aussi de confirmer son identité, qui est sûre à 99 %. »
Si la comparaison est positive, les neveux pourront enterrer Alberto - Mamerto Rodriguez en Espagne. Sinon, il sera inhumé au carré des indigents à Lille, ou près de la famille qu’il s’était choisie en France : dans le caveau Chanat, cimetière de l’Est.

Et maintenant, quelle fin ?

Où se trouve aujourd’hui le « squelette du Vieux-Lille ? » Transporté après sa découverte le 19 octobre 2012 à l’institut médico-légal du CHRU de Lille (pour y subir des prélèvements), le corps d’Alberto Rodriguez devrait toujours y être conservé aujourd’hui. « Devrait » parce que, interrogé la semaine dernière, le CHRU a refusé de confirmer sa présence, évoquant le… « secret médical ».
Désormais, l’inhumation peut être rapidement envisagée. La clé sera la comparaison ADN qui doit être réalisée à Marseille, entre entre les restes du défunt et les prélèvements effectués sur ses neveux retrouvés en Espagne (lire ci-contre). Si la filiation est confirmée, le corps d’Alberto Rodriguez seront remis à sa « nouvelle» famille espagnole. Sinon, l’enquête conclura à l’absence d’héritiers encore vivants, et la ville de Lille se chargera de l’enterrer.

A-t-il laissé un testament ?

La fin prochaine des recherches va aussi débloquer une autre procédure, sur le plan patrimonial cette fois. Que va devenir la maison art-déco de la rue Saint-Jacques (encore photographiée de temps en temps par des curieux) ? Alberto Rodriguez détenait-il d’autres biens au moment de sa mort ? Qu’a-t-il fait du produit de la vente des deux autres immeubles légués par Lucie Chanat ? Et surtout a-t-il lui-même rédigé un testament avant de mourir ?
« On n’en a pas retrouvé dans la maison, souligne Pierre Kervéléo et le seul moyen de le savoir est d’interroger le fichier des Venelles (où sont conservées les copies des testaments). » Mais pour accéder aux Venelles, le généalogiste a besoin de l’acte de décès. Et pour qu’il soit signé, les policiers doivent achever leurs investigations sur l’identité du défunt et sur son éventuelle filiation avec ses neveux espagnols, grâce à... la comparaison ADN.
On saura alors si le petit peintre en bâtiment, si discret et apparemment sans amis ni famille à la fin de sa vie à Lille, avait, ou non, désigné des héritiers
Pierre Kerlévéo est généalogiste successoral à Lille et l’un des acteurs qui ont permis de lever le voile sur une partie du mystère Alberto (et de retrouver des descendants en Espagne. Aujourd’hui, il attend également le dénouement d’une affaire « bourrée d’énigmes ».
– En quoi l’histoire d’Alberto Rodriguez, tel qu’il se faisait appeler en France, est-elle originale ?
« Je n’ai jamais vu autant de coïncidences étranges (dans un dossier de recherches de succession). Ça dépasse vraiment l’ordinaire. D’abord par son identité : c’était quelqu’un de secret, qui voulait brouiller les cartes. Le prénom en Espagne sur son acte de naissance n’était pas le bon. C’est grâce aux médias espagnols, que des descendants (potentiels) se sont fait connaître. Ils ignoraient jusque-là qu’Alberto Rodriguez avait vécu en France jusqu’à la fin des années 1990.
À Lille également, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver l’une des dernières personnes qui a pu discuter avec lui en profondeur : la dame qui souhaitait acheter sa maison de la rue Saint-Jacques en 1991, et qui aujourd’hui habite… près de la gare.
Et puis il y a tout le contexte historique lié à la guerre d’Espagne, à l’origine de sa fuite vers la France, et sa rencontre dans les années 1950 avec Lucie Chanat, qui est tout le contraire d’Alberto. Elle a trente ans de plus que lui, est très enracinée à Lille, descendante d’une famille de tripiers. Et en 1958, cette dame décide de léguer tous ses biens à un étranger venant de l’autre côté des Pyrénées, et qui a une histoire totalement différente de la sienne. Elle avait perdu un frère durant la guerre 14 ; lui a été traumatisé par les événements de 1940 en Espagne. Peut-être se sont-ils rejoints là-dessus… »
– Et il y a la maison de la rue Saint-Jacques, où on l’a découvert.
« Cette maison est fascinante. Beaucoup de gens la remarquent avec sa façade Art déco. Elle lui vient aussi de Lucie Chanat, qui est décédée en 1971 et lui a légué deux autres immeubles (un dans le Vieux Lille, un second à Fives). On ignore pourquoi elle en a fait son unique héritier. Et malheureusement, le clerc de notaire qui a fait la succession Chanat est mort une semaine avant que je ne le retrouve. »
– Pourra-t-on un jour connaître toute l’histoire ?
« On ignore ce qu’il a fait entre 1942 (date à laquelle son cousin germain dit qu’il a quitté l’Espagne), et 1948, où il obtient sa première autorisation de séjour en France, et pourquoi il a choisi Lille, si loin de l’Espagne. On ne sait toujours pas non plus ce qu’il a fait de l’argent de la vente des deux immeubles dont il s’est séparé. Et quelle était la nature de ses liens avec sa bienfaitrice, Lucie Chanat. Dans cette histoire, il restera des zones d’ombre, parce qu’il l’a voulu. »

http://www.lavoixdunord.fr/region/un-an-apres-sa-decouverte-le-squelette-du-vieux-lille-ia0b0n1648102