mercredi 4 juillet 2012

Un policier et un garagiste placés en garde à vue

Hier, un policier de Sedan et un garagiste de la ville ont été placés en garde à vue au commissariat de Charleville-Mézières par des fonctionnaires de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Tous deux sont soupçonnés d'avoir revendu des véhicules dans des circonstances troubles.

PLUSIEURS policiers de l'IGPN sont à pied d'œuvre dans les Ardennes. Depuis hier matin, ceux que l'on surnomme « les boeuf-carottes » cuisinent un de leur collègue gardien de la paix, en poste au commissariat de Sedan.
Le policier en question, âgé de 39 ans, n'est pas seul aux mains de la police.
Un garagiste du Sedanais est, lui aussi, en garde à vue dans les locaux du commissariat de Charleville-Mézières, interrogé par des enquêteurs du SRPJ de Reims.
Le binôme est suspecté d'avoir mis en place un système de revente de voitures d'occasion dans des conditions troubles.
L'affaire débute au printemps dernier. Les policiers de Sedan reçoivent une plainte émanant d'une grande enseigne de la ville. Les responsables du magasin ont fait l'amer constat que du matériel disparaissait des réserves. Le butin se compose, pour l'essentiel, de téléviseurs et, apparemment, aussi, de consoles de jeux vidéo. Comble de tout, des soupçons pèsent sur des agents du service de sécurité de la grande surface qui, par essence, sont censés prévenir des vols.

Agents de sécurité dans la confidence

Les enquêteurs procèdent à une série d'auditions afin de déterminer l'ampleur des détournements et d'identifier voleurs et receleurs. Au fil des interrogatoires, ils ont la désagréable surprise de voir apparaître le nom d'un de leur collègue, gardien de la paix à Sedan. Celui-ci gravite autour de certains agents de sécurité dans le collimateur de la justice. Surtout, il entretiendrait des relations étroites avec un garagiste du Sedanais. Les deux hommes seraient même en affaire.
La surprise est d'autant plus grande que le policier en tenue est réputé « efficace et sérieux dans son travail » et donc plutôt « bien noté ».
À ce stade de l'enquête, les policiers sedanais ne manquent évidemment pas d'alerter le parquet de Charleville-Mézières qui confie une partie des investigations au SRPJ de Reims.
Par contre, l'enquête qui concerne les infractions éventuellement imputables au gardien de la paix revient aux super-policiers parisiens de l'IGPN.
Les premiers éléments recueillis font apparaître que le policier de Sedan faisait régulièrement commerce de voitures, en cheville avec son ami garagiste.
Ce dernier met à profit son savoir-faire pour retaper des véhicules d'occasion, tandis que l'autre use de son étiquette de policier comme d'un label de qualité. Ce qui avait manifestement pour don de rassurer la clientèle.

Certificats truqués

Première entorse au règlement, un particulier - et, plus encore, un policier - ne peut pas arrondir ses fins de mois en achetant et en revendant plus cinq ou six véhicules par an. Sans quoi, il s'agit d'un commerce qui nécessite une déclaration auprès de l'administration fiscale. Lequel quota aurait été largement dépassé dans le cas présent. Pire, le policier n'apparaît jamais sur le papier au moment de la transaction. Pour ce faire, il n'y a pas d'autre solution que de truquer le certificat de cession du véhicule en ne posant que sa signature en bas de la feuille.
Si l'affaire s'arrête à ce genre de petites magouilles, les suspects risquent tout au plus de répondre de faux et usage de faux et le policier de quitter « la grande maison » par la petite porte. Mais « la police des polices », réputée impitoyable avec les ripoux, s'intéresse aussi à des véhicules accidentés de l'autre côté de la frontière, en Belgique.
Ils vérifient si quelques-uns n'auraient pas été réparés, puis revendus dans les Ardennes. Ce qui aurait eu pour conséquence de tromper gravement les acquéreurs en gommant l'historique des véhicules endommagés


http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/un-policier-et-un-garagiste-places-en-garde-a-vue

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