Un mystère règne sur Arbois : où sont passés les bijoux de la famille Sarret de Grozon ?
Ce trésor perdu fait l’objet d’un legs de la famille à la commune d’Arbois. Amélie Thiout a épousé Albert de Sarret et ils n’ont pas eu d’enfants. Le couple « a légué son hôtel particulier et des tableaux à la commune », précise Philippe Bruniaux, adjoint au maire en charge des affaires culturelles. « Le legs date de 1902, Mme Sarret de Grozon en a conservé l’usufruit jusqu’à sa mort en 1931 et elle a ajouté les bijoux au legs. » Dans cette maison d’aristocrates du XIX e siècle, la municipalité a ouvert le musée Sarret de Grozon. « Les bijoux sont restés dans le coffre-fort de la famille jusqu’en 1969, retrace l’élu. Puis ils sont placés dans un coffre à la Caisse d’Épargne, avant d’être entreposés en 1972 dans un coffre-fort à la Trésorerie. » Et c’est ensuite que leur trace se perd. « On ne sait pas qui est allé les chercher dans le coffre de la perception, ni quand, raconte Philippe Bruniaux. Une liste d’inventaire dressée par la perception recense tous les bijoux et les pièces d’or. En 1982, un conservateur qui quitte Arbois, dresse un nouvel inventaire où il y a toutes les pièces, exceptée une chevalière frappée aux armes des Sarret qui est exposée dans une vitrine du musée avec l’argenterie. Aujourd’hui, elle a disparu. »
« Il y a 30 ans d’oubli entre 1982 et 2012, au moment où le récolement effectué en février dernier, est approuvé en séance du conseil municipal de juin. La disparition est officielle » indique le maire, Bernard Amiens.
« Il manque un tiers des bijoux, les plus beaux, comme une montre chronomètre Breguet, des bracelets en diamants. Et des pièces d’or ont aussi disparu. » Sans avancer une estimation précise, le maire évoque « plusieurs dizaines de milliers d’euros » de préjudice.
« On parle de disparition, pas de vol » observe Bernard Amiens. Mais assurément le maire veut mettre fin « à une forme d’omertà, d’oubli, autour de ces bijoux. Il n’est pas normal de voir ce patrimoine des Arboisiens, spolié. » Une plainte sera déposée auprès des gendarmes, car « il n’y a pas prescription de la faute. » Les bijoux restants ont été retrouvés dans un carton, par Anne Dary, la conservatrice en chef des musées du Jura, à son arrivée en 1993. Ils étaient au fond d’un placard, dans le grenier du musée de Grozon. « La partie restante ne vaut pas grand-chose, soutient le maire. Quelques exemplaires sans grande valeur sont exposés au musée, les bijoux de plus grande valeur ont été mis dans un coffre. »
« À qui viendrait l’idée de les sortir d’un coffre pour les coller dans un placard ? » interroge-t-il encore. L’enquête permettra peut-être de le déterminer. Et de remettre la main sur les précieuses pièces. Et le maire l’assure : « On n’est qu’un petit exemple de ce qui a dû se passer dans d’autres endroits. »
http://www.leprogres.fr/jura/2012/07/08/arbois-ou-sont-passes-les-bijoux-de-la-famille-sarret-de-grozon
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