vendredi 15 juin 2012

Les nombreuses zones d’ombre de l’affaire Chabé

Ludovic Chabé nie avoir étranglé sa femme en 2005 à Humbercourt (Somme). Une enquête diffusée sur TMC montre que le doute est permis.

TMC diffuse ce soir un reportage sur l’affaire Chabé. Si cette affaire criminelle intéresse les télévisions nationales, c’est qu’elle a tous les ingrédients pour éveiller la curiosité.

La Cour de cassation va se prononcer dans les jours qui viennent pour savoir si le dossier en l’état permet de renvoyer Ludovic Chabé devant la cour d’assises de la Somme.

Depuis des années, le pompier professionnel clame son innocence. Et son avocat, Me Philippe Valent, dénonce une enquête à charge entachée de plusieurs grossières erreurs.

L’enquête journalistique menée pour les besoins de l’émission Suspect Nº1 met en lumière tout le mystère qui entoure la mort de Françoise Chabé, 24 ans, le samedi 25 février 2005 à Humbercourt, commune située près de Doullens.

Vers 10 heures, Ludovic Chabé dit l’avoir trouvé allongée au sol, en pyjama, un foulard solidement noué autour du cou. L’homme revenait de son travail, à savoir 48 heures de garde dans sa caserne en région parisienne.

Les gendarmes en avaient fait un suspect après que les écoutes téléphoniques ont montré qu’il entretenait une relation avec une autre femme, deux mois et demi après la mort de son épouse.

Deux mobiles s’ouvraient alors à eux : ou Ludovic Chabé voulait se débarrasser de sa femme pour refaire sa vie, ou il l’a tué parce qu’elle lui a appris qu’elle avait un amant.

L’homme avait fait des aveux lors de sa garde à vue, avant de se rétracter, indiquant avoir agi sous la pression des enquêteurs. Aucune de ses déclarations lors de ces aveux ne correspondait avec les constatations sur les lieux du crime.

Elle avait un amant depuis des mois

L’amant de la victime, lui, n’a jamais été inquiété. L’enquête de TMC montre qu’il avait spontanément parlé aux gendarmes du foulard, alors qu’à ce moment il ne pouvait pas savoir qu’il s’agissait de l’arme du crime. Pourquoi en avoir parlé ?

Le mystère de Humbercourt existe peut-être à cause des erreurs de l’enquête. Un mégot de cigarette, trouvé à côté du corps, a été jeté à la poubelle. Le sperme prélevé sur la victime n’a été expertisé que de très longs mois après le drame.

Finalement mal conservé, il est devenu inexploitable. L’élément était important puisque Ludovic Chablé avait indiqué ne pas avoir eu de rapports avec sa femme les 8 jours précédant le meurtre.

Enfin, le foulard a été manipulé par de nombreuses personnes lors de la reconstitution, si bien qu’aucun prélèvement ADN n’est possible désormais.

  • Suspect Nº1, ce soir à 20 h 45 sur TMC.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Les-nombreuses-zones-d-ombre-de-l-affaire-Chabe

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