mardi 15 novembre 2011

Mexique : une enquête de l’Eglise innocente Florence Cassez

Véritable plaidoyer en faveur de Florence Cassez, le film diffusé ce soir par France 5 offre une synthèse de son affaire et propose une nouvelle hypothèse pour l’expliquer. Intitulé « Florence Cassez, l’ultime recours », ce documentaire consacré à la Française, condamnée à soixante ans de prison pour complicité d’enlèvements par la justice mexicaine et incarcérée depuis six ans, fait état d’une enquête conduite par l’Eglise catholique mexicaine à la demande du Vatican.
Menée par 27 ecclésiastiques, elle conclut à l’innocence de la jeune femme et pointe le lien troublant entre l’une des trois otages qu’elle est censée avoir détenue avec son ex-compagnon Israël Vartas — et dont le témoignage a pesé lourd dans sa condamnation — et l’ancien associé de son frère, Sébastien Cassez. Celui-ci, un homme d’affaires dénommé Edouardo Margoulis, serait lié aux cartels mais aussi aux policiers, avance le documentaire.

« Les preuves ont été falsifiées dans le dossier de Florence [et] le gouvernement en est à l’origine », souligne le père Pedro Arellano qui a dirigé cette enquête. Son contenu n’a pas été rendu public mais ses conclusions ont été transmises à la Cour suprême du Mexique, qui a accepté, en mars, d’examiner un recours en révision du dossier de la Française. Après que l’affaire Cassez a suscité de vives tensions diplomatiques entre Paris et Mexico, cette étape judiciaire constitue l’ultime espoir pour la jeune femme, dont les demandes de transfert en France ont toutes été rejetées.
C’est dans ce contexte que plusieurs journaux mexicains, citant un rapport de la police fédérale, ont accusé la jeune femme, la semaine dernière, de recruter depuis sa prison des détenues pour commettre « des activités illicites ». « On divulgue des informations totalement fausses! » s’est insurgé son avocat français, Me Frank Berton, pour qui cette campagne visant à discréditer sa cliente est « une manipulation » organisée par le gouvernement mexicain. Son ministre de l’Intérieur, Garcia Luna, n’est autre que l’ancien chef de la police fédérale mexicaine : celui-là même qui avait organisé, sous l’œil des caméras de télévision, une reconstitution de l’arrestation de Florence Cassez et de son ex-ami, le 9 décembre 2005, alors qu’ils avaient été arrêtés la veille et leurs trois otages présumés libérés un mois et demi auparavant.

« Florence Cassez, l’ultime recours », d’Othello Khanh et Patrice du Tertre, ce mardi à 20h35 sur France 5.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/mexique-une-enquete-de-l-eglise-innocente-florence-cassez-15-11-2011-1720933.php

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