mardi 15 novembre 2011

Livry-Gargan : mystère autour de la mort du policier

Sur la porte de l’appartement 223, les scellés indiquent « meurtre en réunion et association de malfaiteurs ». C’est là, au deuxième étage de la résidence de la Paix, le long de la N3, à Livry-Gargan, que Jean-Michel T., un policier de 44 ans, a été retrouvé mort, une balle dans le cœur, dimanche soir.
D’après l’autopsie, le coup a été tiré à bout touchant. L’homme qui a donné l’alerte à la police, lui-même le visage en sang, a été placé en garde à vue, ainsi que quatre autres personnes. Et pourtant, hier soir, rien ne permettait d’écarter l’hypothèse d’un suicide de ce sous-brigadier de 44 ans, confronté à des difficultés d’argent qui auraient pu le pousser à vendre son appartement.

Dans le voisinage rencontré hier, personne ne se souvient d’une déflagration. En revanche, ils sont plusieurs à se remémorer précisément des cris et insultes, entre 22h30 et 23 heures. « Des voix d’hommes, deux hommes, ça a duré vingt minutes », se souvient Isabelle, qui vit de l’autre côté de la nationale. Elle n’est pas allée jusqu’à sa fenêtre pour voir si les cris venaient de la rue ou d’un immeuble. Elle a pensé à une énième querelle entre habitués de la boisson. A deux numéros, un bar est ouvert, même le dimanche soir. Et avant-hier, la salle des fêtes était louée pour une réception. « Cinq minutes après les cris et les insultes, on a vu passer un homme, le visage en sang, avec des policiers armés », raconte un voisin de Jean-Michel.
Il n’a pas fallu trop de temps à la police pour débarquer : le commissariat est en face. Vers 23h10, le corps de la victime est découvert, sans vie, une balle dans le thorax. Un pistolet automatique Sig Sauer, l’arme de la police, était près de lui. Sa carte de fonctionnaire aussi.
Cinq hommes en garde à vueVers une heure du matin, quatre hommes se présentent à la police, assurant avoir été sollicités par celui qui a donné l’alerte pour squatter l’appartement de la victime dimanche soir afin d’évaluer ce bien en vue d’un rachat. Ce sont eux qui, ayant bu, auraient frappé le commanditaire. Si cette thèse est réelle — ce que doivent vérifier les enquêteurs de la PJ du 93 —, il reste à savoir s’ils ont vu la victime encore vivante. La garde à vue de ces cinq hommes, âgés de 20 à 35 ans, était toujours en cours hier soir.
Des compléments d’analyses sont attendus pour éclairer l’enquête, qui s’intéresse aussi à la vie de la victime. Le sous-brigadier, décrit comme « gentil » par ceux qui le connaissaient, travaillait à la police aux frontières et était affecté à la gare du Nord à Paris. Il vivait seul et connaissait des problèmes financiers. Il ne devait plus se rendre souvent dans son appartement de Livry-Gargan, où l’interphone de l’immeuble ne porte pas son nom et où le courrier déborde de la boîte à lettres.
http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/livry-gargan-mystere-autour-de-la-mort-du-policier-15-11-2011-1720937.php

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