Un imposteur pas tout à fait comme les autres avait défrayé la rubrique des faits divers il y a quarante ans, en Haute-Loire. Il portait dignement la soutane et d’aucuns lui auraient donné le bon Dieu sans confession… Et pourtant ! Ibrahim Kahlil Edmon Haddad, alias « père Haddad », né le 16 novembre 1947 à Haïfa, s’était fait passer pour un « missionnaire jordanien ».
Jusqu’à son arrestation par les gendarmes de la BR du Puy, au cours de l’automne 1971, le faux prêtre avait fait de nombreux dupes dans plusieurs pays d’Europe, y compris au Vatican, où il avait réussi à se faire confectionner gratis son habit religieux…Le parcours de l’escroc avait pris fin lors de son séjour dans la cité mariale où il était hébergé chez l’habitant. Durant plusieurs semaines, le « père Haddad » avait bénéficié du port de sa défroque pour se fondre dans la vie locale et le quotidien religieux vellave. Il avait su gagner la confiance d’âmes pieuses, allait jusqu’à confesser, célébrer des messes, visiter des congrégations, animer des rassemblements de jeunes.
C’est d’ailleurs à la suite d’une conférence donnée dans une institution privée de Langogne, que le faux prêtre avait été démasqué. Après son exposé, le prédicateur de façade s’était montré quelque peu entreprenant avec une jeune élève et la gendarmerie avait eu vent de ce comportement surprenant. Les enquêteurs croyaient à une banale affaire d’outrage à la pudeur, mais en interrogeant le « père Haddad », qu’il venait de cueillir chez son hôte ponot pour lui demander quelque explication, ils constatèrent bien vite que celui-ci ne pouvait justifier de sa qualité de prêtre. En poussant un peu plus loin leur investigation, les militaires allaient percer la véritable personnalité du bonhomme qui, depuis son départ de Jordanie en 1969, avait choisi d’endosser le rôle d’ecclésiastique.
Petit, il mesurait à peine 1m60, plutôt rondouillard, il portait la barbiche pour rendre plus crédible son personnage. « Actif, jamais emprunté, toujours prêt à rendre service, il ne suscitait que sympathie… », disait-on à l’époque. C’est ainsi que les ouailles de plusieurs nations avaient accueilli ce « saint homme ». Il parlait huit langues
http://www.leprogres.fr/haute-loire/2011/11/14/le-sacerdoce-factice-du-pere-haddad-avait-pris-fin-en-haute-loire
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire