C’est avec une impressionnante discrétion que se sont déployés Avant-hier matin 150 policiers dans toute la cité des Hautes-Noues, à Villiers-sur-Marne. Il fait nuit noire et seule une poignée d’hommes part au travail, leur casse-croûte de la matinée à la main. Sortant de quelques voitures banalisées, les policiers se répartissent auprès des tours.
A 6 heures pile, chaque groupe monte. « Ne bouge pas », entend-on crier depuis la dalle, au pied de la place Bécaud et depuis les quelques commerces qui restent dans le quartier. En tout, treize personnes sont interpellées en même temps. Seule une sirène deux tons qu’on entend au loin indique qu’une patrouille quitte les lieux, direction la garde à vue.
« Vous n’avez pas honte? » hurle un jeune par une fenêtre à l’attention des policiers. A peine les perquisitions terminées, les fonctionnaires du commissariat de Chennevières, à l’origine de l’opération, appuyés par la sûreté territoriale, la compagnie de sécurisation et une demi-compagnie de CRS, quittent la cité, aussi discrètement qu’ils y sont entrés. Quelques fenêtres s’éclairent à l’heure où la cité se réveille, mais l’opération s’est passée sans encombre.
C’est une recrudescence de vols avec violence qui a motivé l’opération de grande envergure d’hier matin. Depuis le début de l’année, les plaintes pour des vols de portables ou de sacs à main se multipliaient. Avec, à chaque fois, des victimes fortement traumatisées voire blessées. Certaines ont dû cesser leur travail après avoir été molestées. Le scénario était immuable.
Par petits groupes, de deux ou trois ou carrément d’une dizaine, les visages dissimulés, les jeunes malfrats fondaient sur leur victime pour s’emparer de leur téléphone ou de leur argent. A chaque fois, ils choisissaient une personne isolée, homme ou femme, dans un rayon de 200 m autour de la cité ou sur le chemin entre le quartier et la gare. Leur lieu de fuite privilégié, le dédale de la cité. Parmi les jeunes interpellés, hier, la majorité est âgée de 15 à 17 ans, seul l’un d’entre eux est majeur.
Même si elle paraissait plus calme ces dernières semaines, la cité des Hautes-Noues avait défrayé la chronique en juillet. Pompiers et policiers avaient été victimes d’un guet-apens. Le gérant du tabac-presse avait été plusieurs fois agressé. Sa boutique avait même été la cible d’une tentative d’incendie, alors que le patron et des clients se trouvaient à l’intérieur. En réaction, les habitants s’étaient réunis un soir, au pied des tours, à l’appel de la mairie et de l’amicale des locataires, pour dire non à la violence qui montait.
http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/coup-de-filet-sur-la-bande-des-hautes-noues-12-10-2011-1649903.php
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