Un marché inondé
20 C 00045 A : c’est l’immatriculation la plus célèbre chez les traqueurs de fausse monnaie. Cet identifiant d’un type précis de billets de 20 € donne des sueurs froides aux enquêteurs, qui ont vu régulièrement apparaître cette série sur le marché. En Lorraine, ces contrefaçons ont été remarquées à Metz en août 2009, puis à Verny, à Amanvillers, à Pont-à-Mousson, à Thionville en janvier 2010, entre autres. « Ces billets ont été diffusés dans des commerces, décrit un enquêteur. Entre 2008 et février 2010, 191 000 billets de ce genre, de bonne qualité, ont été saisis en France. »Direction Paris
La Section de recherches de Metz obtient des renseignements sur ce réseau en juin 2010. La Juridiction interrégionale spécialisée de Nancy prend le dossier en main dans la foulée. « Il y a, dès le départ, la sensation de pouvoir remonter haut dans l’organisation criminelle, indique Rémy Coutin, le procureur de la Jirs. La Lorraine étant particulièrement touchée, nous pensions un moment que ces billets étaient fabriqués ici. » En réalité, les investigations et les écoutes téléphoniques dirigent les gendarmes vers la région parisienne. Un organigramme de la filière d’écoulement apparaît. Le gérant du bar El Diablo, à Nancy, commande les liasses frauduleuses. Deux autres personnes jouent le rôle de coursiers et multiplient les allers-retours en Seine-et-Marne.En pleine gare
Après plusieurs surveillances durant lesquels des valises ont été aperçues, les agents passent à l’action le 17 décembre dernier. À l’issue d’un coup d’achat – les gendarmes se font passer pour des clients –, le barman et un coursier sont interpellés de façon musclée, en pleine gare de Nancy, par le GIGN. 11 000 faux billets sont découverts dans une valise déposée dans un hôtel voisin, quelques minutes auparavant. Plusieurs armes de poing et plus de mille cartouches sont saisies.Une imprimante
Alors qu’une information judiciaire est ouverte à la Jirs, les enquêteurs mènent en juin une dernière vague d’interpellations. Deux Parisiens, identifiés comme les intermédiaires entre les faussaires et la branche lorraine de l’organisation, sont écroués. Dans ce dossier, les cinq personnes mises en examen pour les faits de contrefaçon de billets de banque ayant cours légal en bande organisée et pour association de malfaiteurs sont donc en détention provisoire. « Depuis le départ, ils nous donnent des explications fantaisistes. Ils nient tout », prévient Rémy Coutin. L’affaire devrait en rester là, les faussaires n’ont pu être identifiés malgré un profil cerné : « On sait que ce sont des gens du voyage qui utilisent une imprimante, décrit le colonel Baudoin, patron de la SR de Metz. Ils sont très mobiles, ça explique les difficultés pour les débusquer. Mais depuis nos opérations, on pense qu’ils ont pris peur et ont arrêté d’imprimer de la fausse monnaie. Pour le moment… »http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2011/10/12/11-000-faux-billets-saisie-record-pour-des-gendarmes-de-metz
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