Deux frères se sont rendus hier aux autorités. Ils avaient pris la fuite après l'accident qui a coûté la vie à deux jeunes pompiers le 9 août à Abbeville.
Dans le fourgon, ils étaient donc deux. Deux frères âgés de 27 et 37 ans. L'un conducteur, l'autre passager. Après huit jours de cavale, ces deux membres de la communauté des gens du voyage, sédentarisés non loin du lieu de l'accident, se sont rendus hier matin au commissariat de Dunkerque (Nord) sous les conseils de leur avocat, Me Emmanuel Riglaire, à qui ils s'étaient confiés.
Les deux hommes se doutaient bien que s'ils restaient dans la région d'Abbeville, ils finiraient par être interpellés. C'est la raison pour laquelle ils se sont réfugiés dans la famille, dans le Nord. Selon leur avocat, les deux hommes «ont paniqué » après l'accident lorsqu'ils ont vu les deux corps inertes au sol. Ils se sont enfuis en courant à travers champs, en passant du côté de l'hippodrome d'Abbeville. «Ils ne savaient pas comment réagir », commente Me Emmanuel Riglaire.
«Cela devenait de plus en plus difficile pour eux de se livrer »
Le drame a provoqué une forte émotion dans la région d'Abbeville. Des centaines de personnes ont assisté aux obsèques de Benjamin Leberton et Nicolas Fache, vendredi et samedi derniers. Plus de 1000 personnes ont participé à une marche pour leur rendre hommage, lundi, dans les rues d'Abbeville. Cette mobilisation n'a pas laissé insensible les deux suspects. Et «cela devenait de plus en plus difficile pour eux de se livrer », explique leur avocat. Il a fini par les convaincre.
Les policiers ne désespéraient pas de les arrêter, au moins le conducteur fuyard avant qu'il ne se rende. L'appel à témoignages leur avait d'ailleurs permis de l'identifier. Selon le commissariat, les résultats des analyses ADN, prévus d'ici la fin de semaine, auraient dû permettre de confirmer cette identification. La semaine dernière, le procureur de la République adjoint, Éric Boussuge, indiquait d'ailleurs avoir «bon espoir » : «Des éléments à notre disposition laissent espérer que cet homme sera retrouvé », avait-il dit.
Les deux frères ont reconnu les faits devant les policiers, y compris celui du vol du fourgon. Hier, ils ont été transférés de Dunkerque vers le commissariat d'Abbbeville où ils sont entendus sous le régime de la garde à vue. L'interrogatoire pourrait durer jusqu'à 48 heures. Les policiers cherchent à établir les responsabilités de chacun. À l'issue des gardes à vue, une information judiciaire pourrait être ouverte et les deux suspects pourraient être présentés devant un juge d'instruction à Amiens.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Ils-ont-panique-apres-l-accident
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire