dimanche 4 novembre 2012

Papa, veuf et en colère

Cela aurait dû être le plus beau jour de sa vie. Cela a été le pire. Un cauchemar éveillé. Le 20 juin dernier, Pascal Vigné devient papa. Son épouse, Marie-Hélène Petit, accouche à la clinique Majorelle de Nancy. Le couple attend ce moment depuis des années. Mariés depuis quatre ans, ils voulaient être parfaitement installés et insérés avant d’avoir un enfant. C’est chose faite. Lui est un musicien de 33 ans. Elle, une enseignante d’anglais de l’Université de Nancy 2. Ils habitent tous deux une confortable maison à Liverdun. Tout est prêt pour l’arrivée d’une petite fille baptisée Sarah-Jade.
Si l’enfant vient effectivement au monde le 20 juin, en revanche, sa mère ne survit pas à l’accouchement. Elle meurt à 31 ans, dans des circonstances abominables. La faute à la fatalité ? « Non », répond Pascal Vigné, qui est devenu père et veuf le même jour.

Quête obsessionnelle de la vérité

Après avoir été ravagé par la douleur et le deuil, cet homme calme, rationnel et méthodique a essayé de comprendre ce qui s’est passé ce terrible jour d’été. « La quête de vérité est devenue une véritable obsession… En mémoire de ma femme et pour pouvoir donner des explications plus tard à ma fille ». Sans connaissance particulière en médecine, il s’est documenté. Sur internet mais aussi en sollicitant l’avis d’organisme comme le centre de pharmacovigilance. Il a passé au crible une partie du dossier médical de sa femme. Il a également recueilli les conseils d’amis dans le milieu médical. Et il a acquis la conviction que des fautes avaient été commises au sein de la clinique Majorelle.
A commencer par la décision du gynécologue obstétricien de provoquer l’accouchement par césarienne avec cinq jours d’avance. Une décision qui est tombée comme un couperet. Dans son journal intime, véritable réquisitoire d’outre-tombe, Marie-Hélène Petit note que le médecin lui lance, après un examen de routine : « Bon, on césarise demain ! ». La jeune femme écrit sa réaction : « Moi en panique : Demain ???? » « Elle a été placée d’un coup dans une situation d’urgence et d’angoisse alors que sa grossesse s’était merveilleusement passée jusque-là », critique son mari.
Le choix d’avoir recours à une césarienne a été fait en fonction de l’étroitesse du bassin de la maman et du poids estimé du futur bébé. « Il devait faire entre 3,8 et 4 kg. Au final, ma fille ne faisait que 3,3 kg », s’insurge le père. Pour lui, l’accouchement provoqué et la césarienne n’étaient pas justifiés. Et il n’y a pas eu d’explication : « Ma femme a eu une rachianesthésie. Sans information préalable. Elle n’en connaissait donc pas les risques ». Mais le plus accablant est à venir.

Intoxication lors de l’anesthésie ?

L’habitant de Liverdun est persuadé que le décès de sa femme est dû à une « intoxication à la bupivacaïne », le produit utilisé pour l’anesthésie. « Il fait l’objet de centaine de publications pour des problèmes cardiaques », affirme Pascal Vigné. Il est exact qu’il faut des précautions particulières pour l’injecter. Sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament, il est indiqué que cela doit se faire de façon lente et fractionnée. Et qu’il faut maintenir un contact verbal permanent avec le patient. Ce qui n’aurait pas été le cas.
Contactée par le biais de la direction de la clinique, l’anesthésiste n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. « Elle n’a rien à cacher mais elle est très choquée par ce qui s’est passé », précise Franck Vanlangendonck, le nouveau directeur de Majorelle.
Le reste du personnel n’a pas non plus voulu s’exprimer, car une enquête est en cours. Une information judiciaire a en effet été ouverte pour homicide involontaire. Le dossier médical de la maman décédée vient d’être saisi et l’avocate du papa, M e Strohmann, a demandé à ce qu’il fasse l’objet d’une expertise. De plus, la police devrait procéder à des auditions dans les prochains jours. « On attend beaucoup de cette enquête car, pour l’instant, nous n’avons pas d’explication au décès », précise le directeur de la clinique. Une autopsie pratiquée dans les jours suivants la mort, hors contexte judiciaire, n’a pas permis d’apporter de réponse. « Mais ils n’ont pas recherché toutes les causes possibles. Juste celles avancées par le gynécologue et l’anesthésiste. Or, ils n’ont envisagé que ce qui était exonératoire pour eux. Ils se sont enfermés dans de fausses explications », accuse le mari en deuil et en colère.
Un complément d’autopsie pourrait être ordonné. Par la justice cette fois.

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2012/11/03/papa-veuf-et-en-colere

samedi 3 novembre 2012

Jura : à la recherche des truands d'Halloween

Le soir d'Halloween, c'est bien connu, des groupes d'enfants parcourent les rues et vont frapper aux portes en espérant des sucreries, tout en clamant "des bonbons ou un sort". Une tradition outre-Atlantique, qui s'est mollement implantée en France... Mais de même qu'Halloween a sa légende noire aux Etats-Unis, avec ses faits-divers perpétrés à l'occasion de la fameuse soirée, le Jura a vu cette année des malfaiteurs profiter du prétexte d'Halloween pour endormir la méfiance de leurs victimes.
En l'occurrence, les victimes étaient un couple d'octogénaires. Ils ont été attaqués chez eux par des agresseurs qui ont su pénétrer à leur domicile par surprise. Selon le témoignage des gendarmes, le couple Buisson a été "ligoté puis enfermé dans la cave" de sa maison d'Asnans-Beauvoisin, près de Dole, en début de soirée mercredi "par quatre individus masqués qui sont entrés par la ruse, en modifiant leurs voix pour se faire passer pour des enfants".
Le couple d'octogénaires toujours hospitalisé
André Buisson, âgé de 82 ans, a réussi à se libérer puis à sortir de la cave avant d'alerter un voisin, qui a contacté les secours. Son épouse Andrée, blessée au coude après avoir fait une chute, était toujours hospitalisée samedi. Le mari, qui a été frappé au visage, a été opéré vendredi et se trouve "dans un état plus grave", a encore dit le capitaine Guyard.
L'enquête a été confiée à la brigade de recherche de Dole. Un technicien en identification criminelle s'est rendu sur les lieux de l'agression pour relever d'éventuels indices. La gendarmerie a lancé un appel à témoins, qui n'avait permis "aucune avancée significative" samedi matin, selon les enquêteurs.
 

Amiante : Martine Aubry convoquée mardi chez la juge d'instruction

Martine Aubry, entendue par la police en janvier 2010, est convoquée mardi prochain par la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy qui s'intéresse à l'action des pouvoirs publics face à l'amiante dans les années 1970-80. Elle risque à cette occasion une mise en examen pour homicides involontaires, pour son action à la tête de la Direction des relations du travail du ministère du Travail entre 1984 et 1987. Dans cette affaire, la juge a déjà mis en examen Jean-François Girard, qui fut directeur général de la Santé de 1986 à 1997. Outre Martine Aubry, Olivier Dutheillet de Lamothe, qui lui avait succédé à la tête de la Direction des relations du travail, est également convoqué.

Anticipant l'éventualité de poursuites, Martine Aubry a riposté dès mercredi par un communiqué signé de son avocat et des conseils des deux autres hauts-fonctionnaires mis en cause dans cette affaire : elle a fait savoir qu'elle demanderait l'annulation d'une éventuelle mise en examen, estimant avoir toujours oeuvré à la protection des salariés et de la population (lire : Amiante : Aubry demande l'annulation de sa prochaine mise en examen).

Le caractère cancérogène de l'amiante est connu depuis les années 50 mais le premier décret réglementant son usage en France ne date que de 1977 et son interdiction de 1997. En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l'Etat pour sa "gestion défaillante" de l'amiante. Utilisée massivement en particulier dans le secteur de la construction, l'amiante est jugé responsable de 10 à 20% des cancers du poumon et pourrait provoquer 100.000 décès d'ici à 2025, selon les autorités sanitaires.
 

vendredi 2 novembre 2012

Le gendarme est-il tombé dans un piège en Guyane ?

Le gendarme héraultais de 52 ans a été mis en examen pour “complicité d’orpaillage illicite”. A Marseillan, sa fille s’insurge.
La voix est ferme mais la jeune femme est secouée d’un léger tremblement. Jeudi matin, à Marseillan (Hérault), Aurélie Melara tente de dénouer l’inextricable scénario qui, dimanche, a conduit à l’incarcération de son père, commandant de la brigade de gendarmerie de Regina, en Guyane. Le major, 52 ans, a été mis en examen pour "corruption passive" et "complicité d’orpaillage illicite".

La charge est lourde, dans ce département d’Outre-mer secoué il y a quatre mois par une opération contre l’orpaillage clandestin qui avait coûté la vie à deux militaires dans une embuscade.
Un embuscade ?
Pour Aurélie Melara, c’est une autre embuscade qui a fait tomber Patrick Melara, un homme "passionné par son métier", arrivé en Guyane l’été 2010, après une carrière qui l’a amené de la Garde républicaine de l’Elysée à la Corse et la Nouvelle-Calédonie, un parcours sans faute.
"A son arrivée, mon père a doublé le nombre d’interventions pour saisir l’or clandestin. Il a été arrêté alors qu’il laissait passer son informateur. Ce sont des pratiques courantes", glisse-t-elle.
Problème : selon le procureur qui a ouvert une enquête préliminaire en octobre, la hiérarchie du major n’était pas au courant. L’informateur présumé, un Brésilien, aurait également nié être un “indic”. Il affirmerait avoir versé au major de l’argent pour laisser passer les pirogues.
Parole contre parole
"C’est la parole de mon père contre celle du Brésilien", insiste Aurélie Melara, qui souligne que les perquisitions organisées dans l’Hérault et en Guyane n’ont rien donné, comme l’examen des comptes. Pour elle, le gendarme gênait.
La jeune femme rappelle qu’à son arrivée en Guyane, à Saint-Georges, Patrick Melara avait déjà été "accusé à tort" du viol d’une prostituée. L’affaire a été classée sans suite. Elle s’interroge sur l’étrange comportement qu’ont eu, alors, ses collègues gendarmes.
Jérôme Gay, l’avocat du major, penche également pour "un piège", mais tendu par les garimpeiros. "Les orpailleurs clandestins ont intérêt à se débarrasser de lui. Il n’y a pas grand-chose dans ce dossier", insiste-t-il. Il rappelle que "tout part d’une dénonciation anonyme dont on n’a pas la retranscription directe", "c’est du grand n’importe quoi".
Son client, "combatif", mais "écœuré", demande à bénéficier d’une mise à la retraite. Une demande de remise en liberté a aussi été déposée, elle sera examinée lundi. A Marseillan, "c’est une famille qui est brisée, mon père va être sali", s’indigne sa fille. Elle "ne peut pas l’admettre".

http://www.midilibre.fr/2012/11/02/la-famille-melara-denonce-l-etrange-incarceration-du-major,587864.php

Paris suspects : l'amie de Nikola Karabatic au coeur du dispositif ?

Géraldine Pillet, compagne du handballeur Nikola Karabatic, mise en examen comme lui dans l'affaire des soupçons de match truqué, a passé de nombreux appels à d'autres parieurs le matin de la rencontre Cesson-Montpellier sur laquelle portent les paris suspects, révèle vendredi Libération. "Vous semblez être le noyau central, la tour de contrôle du dispositif, qui donne le top départ des prises de paris et à qui l'on rend compte par la suite", ont déclaré les policiers lors de sa garde à vue il y a un mois, détaille le quotidien, qui a eu accès au procès-verbal de l'audition.

Devant le silence de Géraldine Pillet, qui a ensuite déclaré au juge avoir parié de son "propre chef" 1.500 euros avec son argent, même si ce montant correspond exactement à un retrait effectué sur le compte de Nikola Karabatic, les policiers ont détaillé ses relevés téléphoniques de la matinée du 12 mai, jour de Cesson-Montpellier. "Au moment des paris, Géraldine Pillet entre en contact avec quatre parieurs, deux joueurs et deux de leurs proches", poursuit Libération. Elle a appelé trois fois Jeny Priez, compagne de
Luka Karabatic - le frère de Nikola Karabatic -, trois fois Mladen Bojinovic, ex-joueur de Montpellier transféré cet été au PSG, 16 fois Mickaël Robin, joueur de Montpellier entendu mais non mis en examen, et cinq fois un ami des Karabatic, qui "a misé 3.600 euros ce matin-là, soit six fois son salaire", précise le quotidien. Cet ami a déclaré à une gérante d'établissement, qu'il attendait un appel pour effectuer son pari pour le compte "d'une douzaine de personnes", a indiqué un enquêteur à Libération.

Jeny Priez, Luka Karabatic et Mladen Bojinovic ont tous trois été mis en examen. Les PV d'audition de Jeny Priez confirment aussi qu'elle a dit lors de sa garde à vue que c'est Luka Karabatic qui lui "a demandé de parier sur le match qui était selon lui perdu d'avance", en l'absence de plusieurs joueurs majeurs, dont lui-même et son frère, blessés, selon Libération. Montpellier a convoqué Luka Karabatic, Primoz Prost et Dragan Gajic la semaine prochaine pour un entretien préalable à des sanctions. Nikola Karabatic a en revanche réintégré le groupe car il a déclaré ne pas avoir parié.
 

Soupçons de bizutage à la fac de Poitiers: une enquête ouverte

Le parquet de Poitiers a ouvert mardi une enquête en vue de vérifier dans quelles conditions s'est déroulée une journée d'intégration pour des étudiants en sport à l'université, après des versions contradictoires sur l'événement, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. "L'enquête vise à vérifier si des infractions pénales ont été commises", a-t-on simplement précisé de même source. Le 25 octobre l'université de Poitiers avait saisi le procureur de la République Nicolas Jacquet, après avoir été alertée par une association de soupçons de bizutage.
Une lettre de l'association contre le bizutage (ACB) au rectorat avait attiré l'attention sur un "bizutage particulièrement humiliant, avec des étudiants menacés en amphis, nus et salis, la tête dans un bac à contenu immonde", survenu le 4 octobre lors d'une "journée d'intégration" d'étudiants de 1ère année de licence STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives).
"On a passé une bonne journée"
Mais des étudiants ayant participé à cette journée, de même que son organisateur, ont ensuite assuré qu'aucun jeu humiliant n'avait été organisé à cette occasion et qu'aucun des étudiants n'avait été forcé à participer à la moindre activité contre sa volonté. Une vidéo évoquée par l'association comme preuve, aux visages floutés, ne laisserait selon eux pas voir la même réalité lorsque l'on aperçoit les expressions des participants, qui ont l'air joyeux.
"La vidéo est trompeuse. Nous, quand on la regarde on se rappelle aussi les moments que l'on a passés. On a passé une très bonne journée", a notamment raconté Emilie, âgée de 19 ans. Des photos vues sur la page Facebook d'un organisateur montrent effectivement des étudiants nus, allongés dans l'herbe, couverts de farine ou de mousse à raser. Leur expression est indéfinissable. D'autres autours semblent rire.
 

jeudi 1 novembre 2012

Saint-Cyr : le procureur pointe un manque d'encadrement

Un manque d'encadrement. C'est ce qu'a notamment souligné lors d'une conférence de presse Thierry Phelippeau. Le procureur de la République de Vannes a en effet estimé mercredi que la traversée de l'étang d'une cinquantaine de mètres par de jeunes recrues dans la nuit de lundi à mardi présentait "un certain risque" et aurait dû "être encadrée".

"Nombreuses interrogations"

Il a dit que l'enquête pourrait être ouverte pour homicide involontaire, comme le réclame la famille de la victime. M. Phelippeau a fait état de "nombreuses interrogations" sur les circonstances de l'accident en ce qui concerne l'encadrement et "les mesures de sécurité qui auraient dû accompagner" l'exercice. "Manifestement, elles n'étaient pas toutes présentes", a-t-il dit.

La traversée de l'étang était supervisée par une dizaine d'élèves de deuxième année dans le cadre d'une soirée d'intégration, a-t-il dit. La victime, le sous-lieutenant Jallal Hami, 24 ans, entré directement à
Saint-Cyr en troisième année grâce à son brillant cursus universitaire, participait à cette soirée avec des étudiants de première année.
http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/saint-cyr-aucun-cadre-de-l-ecole-present-lors-de-l-accident-7620824.html