Ce samedi, de nouvelles révélations ont été apportées sur l'accident de Puisseguin, qui avait fait 43 morts l'an dernier. Selon le scénario privilégié par les enquêteurs de la Section de recherches de la gendarmerie de Bordeaux, c'est bien l'explosion d'un "réservoir auxiliaire situé à l'arrière de la cabine du camion, qui a provoqué l'incendie à l'origine du drame" a-t-on indiqué à l'AFP, confirmant une information du quotidien régional Sud-Ouest.
"Ce réservoir, rempli de gasoil, était aux normes et légal". Au moment de la collision, et "sous la violence de l'impact, une croix servant à desserrer des écrous et entreposée dans un coffre, est venue perforer le réservoir auxiliaire libérant un brouillard de gouttelettes de gasoil qui s'est rapidement enflammé. On peut parler d'un phénomène similaire à celui d'un aérosol qui explose", a-t-on expliqué de même source. "Les vitres du car brisées sous l'effet du choc de la collision ont alors créé un appel d'air qui a accéléré la propagation de l'incendie dans le car", où la plupart des victimes, des personnes âgées et peu mobiles, sont mortes asphyxiées ou brûlées vives.
Reste une inconnue : la raison de la perte de contrôle du semi-remorque
Toujours selon cette source, "la seule grande inconnue dans cette histoire c'est la raison de la perte de contrôle du semi-remorque", qui s'est retrouvé en portefeuille en travers de la chaussée, à l'entrée d'un virage de la départementale 17 entre Puisseguin et Saint-Genès-de-Castillon, près de Saint-Emilion, avant d'aller percuter le car du club du troisième âge de Petit-Palais (Gironde) qui arrivait à petite vitesse en sens inverse.
"Endormissement, animal, vitesse excessive ou faute d'inattention du conducteur du camion, aucune de ces hypothèses n'est exclue". Les enquêteurs ont toutefois établi que le conducteur, originaire de l'Orne, Cyril Aleixandre, qui voyageait avec son fils de 3 ans, tous deux tués dans l'accident, "n'était pas en communication au téléphone au moment de la collision", a-t-on indiqué à l'AFP de source proche du dossier. Détruits par l'incendie, les chronotachygraphes, qui mesurent notamment la vitesse des véhicules, n'ont pas pu être exploités.
"Ni la signalétique, ni l'état de la chaussée ne sont en cause"
La courbe où s'est produit l'accident - le plus meurtrier sur les routes de France depuis 1982 - était réputée dangereuse, mais "ni la signalétique, ni l'état de la chaussée ne sont en cause", a-t-on ajouté de même source.
Parallèlement à l'enquête pénale, confiée au parquet de Libourne, le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) poursuit des investigations techniques. Les conclusions de cette enquête seront présentées aux victimes et à leurs proches en septembre.
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