La scène décrite par les témoins est d'une rare violence. "Du jamais-vu", assure un commerçant installé ici depuis plus de trente ans.
Comme d'habitude, tout est parti d'une situation ordinaire, arrosée d'alcool. Aux alentours de 23 h 30, quatre jeunes forains jugés trop éméchés se font refouler d'un des bars des campings Village Center Eurolac-Aurilandes. Le spectacle de magie vient de se terminer. Beaucoup de gens traînent, notamment des ados. Et le groupe éconduit ne trouve rien de mieux que d'aller défier quelques jeunes campeurs.
Les forains veulent jouer les gros bras. Un premier coup part. Un adulte s'en mêle. Et tout dégénère lorsqu'un direct sans retenue vient casser deux dents à l'un des jeunes indésirables.
- "C'était la guerre"
"C'était horrible, une vraie folie, rapportent des témoins présents le soir des faits. Les vigiles du camping sont arrivés, mais cela n'a pas suffi. Les gens se sont mis à crier et à courir partout. Une quinzaine de personnes s'étaient réfugiées dans les toilettes du snack, une autre était couchée derrière le bar. Dans les toilettes, il y avait une dizaine d'enfants, et le plus petit devait avoir 4 ans. Derrière la porte, les chaises et les tables volaient. Des baies vitrées ont explosé sous les coups de pied et de poing. Il y avait du sang partout…"
Le déchaînement de violence n'a épargné personne. "Même les vigiles et les MNS [maîtres-nageurs sauveteurs] s'enfuyaient en courant pour se mettre à l'abri dans des mobil-homes."
Après de très longues minutes - "plus de trente", jure-t-on là-bas -, les gendarmes sont arrivés en nombre. Mais, alors qu'ils tentent de bloquer l'un des accès du site, d'autres agresseurs reviennent par-derrière.
- Cinq blessés
Bilan du "carnage" : cinq personnes blessées, certaines frappées à coups de batte. Mais aussi des plaintes enregistrées de chaque côté, les parents du jeune qui a pris le premier coup, sérieusement blessé au visage, semblant d'ailleurs très remontés.
- "Je ne reste pas une journée de plus ici"
Côté saisonniers, l'inquiétude s'est installée. Chacun "guette" désormais les voitures qui arrivent sur le site. L'un d'eux a même choisi de démissionner. "Tant pis pour la fin de la saison, je ne reste pas une journée de plus ici", a décidé une des salariés du bar au lendemain de la bagarre.
- Pour que la justice passe
Côté judiciaire, on ne rejette pas l'hypothèse d'"une tentative d'expédition punitive". Mais on poursuit l'enquête en visant pour l'heure les "violences réciproques avec dégradation impliquant des mineurs". Et on explique qu'il est normal que la procédure en cours prenne du temps.
Le maire de la commune, qui ne désire pas s'exprimer sur le sujet, souligne plutôt l'absence de bagarre pendant les fêtes locales qui ont suivi. Quant au directeur du camping, il ne souhaite pas non plus prendre la parole tant que l'enquête n'aura pas établi les responsabilités.
http://www.sudouest.fr/2012/08/06/dechainement-de-violence-dans-un-camping-en-fete-788013-7.php
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