Les suspects de la fusillade de Lille désormais
arrêtés, la justice française attend de pouvoir les interroger. Le procureur de
la République de Lille, Frédéric Fèvre, veut
"comprendre véritablement ce qui s'est passé et ce qui a déchaîné cet accès de
violence". Tout en louant la coopération entre polices européennes (entre la
France et l'Espagne, mais aussi avec la Belgique, où diverses investigations ont
été menées discrètement durant la traque des fugitifs, dont on soupçonnait
qu'ils pouvaient essayer de fuir par le nord de l'Europe). Mais pour Manuel
Valls, le drame de Lille soulève
d'autres préoccupations. Si le ministre de l'Intérieur s'est lui aussi félicité
de la bonne communication avec la police espagnole, il a pointé le nombre
croissant d'armes de guerre saisies en France. Car c'est bien avec une de ces
armes (une kalachnikov)
qu'avaient été tirés les coups de feu qui avaient tué deux personnes et en
avaient blessé six autres dans une boîte de nuit de Lille.
Selon des spécialistes, près de 15.000 armes de guerre type
kalachnikov circuleraient actuellement dans les
banlieues françaises, contre 3 à 7 millions d'armes qui se trouveraient
illégalement en France. Le prix d'une kalachnikov sur
le marché noir, oscille entre "500 euros pour une arme de mauvaise qualité" et
de "1000 à 2000 euros" pour une arme venue de l'ex-Yougoslavie, selon un
spécialiste.
L'ex-ministre de l'Intérieur Claude
Guéant avait assuré en février 2012 que près de 3500 armes avaient
été saisies en 2011. Manuel Valls, lui, redoute que
l'augmentation du nombre de saisies ne soit avant tout un signe de l'explosion
des trafics. Or selon lui, "pour lutter efficacement contre ces trafics, la
coopération entre les polices européennes est essentielle, notamment grâce à
Europol et Interpol".
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