L'accusée assure avoir agi en défense contre son mari
Florence Thomas, la trentaine, est arrivée vers 9h15, quelques minutes avant l'heure du rendez-vous fixée par le juge d'instruction Mick. Escortée par deux gendarmes, elle attendra le dernier moment pour sortir du véhicule, couverte d'un long tissu blanc qui lui cache le visage et une partie du corps. Elle baisse les yeux, comme pour éviter d'avoir à croiser le regard des membres de la famille de son mari, Cédric Thomas décédé le 2 février dernier, poignardé au thorax.
Faire revivre cette soirée tragique
Seul détail perceptible, une alliance, qu'elle porte toujours. Florence Thomas était mariée à Cédric depuis quelques mois avant le drame. Ils s'étaient rencontrés sur internet. Originaire du Cameroun, elle vivait en France depuis une dizaine d'années et avait un fils, resté au pays. Cédric était ambulancier, elle auxiliaire de vie. Ils vivaient ensemble dans cet immeuble de la rue Mantel, quartier Saint-Ruf à Avignon, où s'est déroulée, hier, la reconstitution du meurtre. Durant toute la matinée, Florence Thomas, qui s'est fait appeler de son nom de jeune fille (Signe) -entourée des magistrats, avocats et experts- s'est employée à faire revivre cette soirée tragique.
Le couple avait l'habitude de se disputer
La victime n'aurait pas supporté que sa femme projette de le quitter et se mette à la recherche d'un appartement. Une dispute a alors éclaté. Après lui avoir donné le coup de couteau fatal, Florence Thomas a appelé les secours. Et c'est en pleurs qu'elle a été interpellée quelques instants plus tard. Hier, elle se serait effondrée au moment de reproduire le coup mortel : "Je ne veux pas toucher au couteau !", a-t-elle crié. Dans cette affaire, il s'est très tôt posé la question de la légitime défense. Florence Thomas assure que son mari était en train de l'étrangler. Me Lemaire de son côté doute de ses affirmations. Les différents témoignages recueillis indiquaient que le couple avait l'habitude de se disputer.
"J'ai un doute énorme sur ce que dit cette femme"
Hier, pour Me Lemaire, ce qui était important, c'était de "connaître la gestuelle dans le coup de couteau. Or, nous n'avons pas pu comprendre la gestuelle. Car si officiellement, il y a un coup de couteau avec un seul orifice d'entrée, à l'intérieur il y a trois autres trajets légèrement différents. Pour moi, l'intention d'homicide est claire, en dehors de toute légitime défense. J'ai un doute énorme sur ce que dit cette femme. Certes elle avait des traces au niveau du cou mais rien de bien marqué...
Peut-être a-t-il voulu la repousser au moment du coup de couteau."
L'avocat des parties civiles poursuit en évoquant que Cédric Thomas "n'était pas un bagarreur. Il était unanimement apprécié et les témoignages convergent en disant que c'est elle qui était agressive. Lui, aimait passionnément sa femme. Ils avaient fait les papiers pour que le fils de Madame Signe vienne en France et eux, devaient d'ailleurs aller au Cameroun". Florence Thomas est toujours incarcérée à la prison de Nîmes
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/avignon-deux-versions-sopposent-sur-le-meurtre-de-cedric-thomas
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