samedi 2 juin 2012

La similitude des crimes relance l'enquête sur Christelle Oudin

Coup de théâtre dans l'enquête sur le meurtre de la jeune Christelle Oudin, enlevée et tuée en novembre 1985. La justice vient de rouvrir le dossier qu'elle croyait prescrit en raison des similitudes avec le meurtre de Sophie Borca, assassinée la même année et dont l'enquête avait été relancée en février dernier.

LA famille Oudin a repris espoir que le meurtrier de Christelle, 13 ans, soit un jour traduit devant la justice. Car 27 ans après l'enlèvement et le meurtre sauvage de la jeune lycéenne, la justice accepte de rouvrir un dossier qu'elle estimait prescrit (notre édition du 23 février 2012).
Hier, Mes Didier Seban et Corinne Hermann ont obtenu gain de cause au terme d'une âpre et longue bataille procédurale. Ils ont fait admettre que les troublantes similitudes entre les crimes de Christelle Oudin et de Sophie Borca - dont ils avaient obtenu la réouverture en février dernier - étaient suffisantes pour repousser les limites de la prescription. Les deux dossiers seront donc très vite entre les mains d'un même magistrat instructeur.


Croiser les dossiers
« C'est une première étape indispensable pour tenter de résoudre le meurtre de Christelle Oudin en novembre 1985 car, sinon, il n'y avait aucun espoir de l'élucider un jour », commente Me Didier Seban. L'avocat parisien, spécialisé dans les « Cold Case » aux côtés de Me Corinne Hermann, était convaincu depuis près de deux ans que les crimes des deux jeunes filles, enlevées à six mois d'intervalle et scolarisées dans le même établissement de Saint-Quentin, « devaient être regardés en parallèle avec l'espoir de trouver le ou les auteurs de ces crimes ». Il se félicite évidemment que le procureur de la République de Laon ait « retenu leurs arguments sur la prescription du cas Oudin » et qu'il ait « décidé de rouvrir l'enquête en raison de la connexité entre les deux dossiers. »
Le juge d'instruction dispose de plusieurs pistes de travail. Il s'agit d'abord de croiser l'ensemble des pièces qui figurent aux dossiers afin de vérifier si des témoins ou des indices communs les relient. Sophie Borca, 16 ans, est la première à avoir disparu après ses cours au lycée Henri-Martin, le 31 mai 1985. La lycéenne aux cheveux blonds ondulés part en fin de matinée pour rentrer chez elle à Guise, en auto-stop. Les recherches restent infructueuses jusqu'à la découverte de son cadavre, le 22 juin suivant. Un chasseur de munitions et d'armes de guerre la retrouve dans un bois d'Homblières. La malheureuse, partiellement dévêtue, ne porte plus que son slip et son blouson. La cause exacte de sa mort reste un mystère en l'absence de traces suspectes hormis une énigmatique plaie post-mortem.
L'autre piste qu'il convient d'explorer concerne justement les vêtements de la défunte. Toujours placés sous scellés, ils sont susceptibles de parler à la lumière des dernières techniques de prélèvement et d'analyse ADN. A condition bien sûr que leur état de conservation le permette.


« La voie maudite »
On sait d'ores et déjà que de précédentes analyses, effectuées au milieu des années 90, ont révélé la présence d'un ADN mitochondrial resté jusque-là inconnu. On peut supposer que d'éventuels suspects, interrogés dans le cadre du meurtre de Christelle Oudin, puissent à leur tour faire l'objet d'un prélèvement aux fins d'analyses comparatives. De plus, il est envisageable aujourd'hui de se pencher à nouveau sur d'infimes traces de sang ou encore biologiques présentes sur ces mêmes vêtements.


Dans le cas de Christelle Oudin, seules les auditions et les vérifications peuvent être mises dans la balance. Car les scellés n'existent plus. Disparue le 17 novembre 2005, Christelle quitte le domicile de sa grand-mère à Moÿ-de-l'Aisne pour assister à un match de football dans le village voisin de Brissy-Hamégicourt. C'est là que l'on perd sa trace avant que des ouvriers d'un chantier de l'autoroute A26 ne découvrent un puzzle macabre, le 16 avril suivant. Un bulldozer met à jour des restes humains sur la commune d'Anguilcourt-le-Sart, à deux kilomètres de Moÿ-de-l'Aisne. La malheureuse est identifiée grâce à sa gourmette et à une mèche de cheveux.ujourd'hui, l'enquête commune aux deux petites martyres aux cheveux blonds et aux yeux clairs du lycée Henri-Martin offre un espoir de plus aux familles de connaître un jour la vérité. Elle redonne sans doute aussi espoir à l'époux de Ghislaine Charlier (juin 1988) ou encore de Marie-Thérèse Borde (octobre 1988). Car ces deux femmes ont en commun avec les jeunes Borca et Oudin d'avoir été tuées à proximité de l'A26 que l'on nommait alors « la Voie Maudite ».

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/la-similitude-des-crimes-relance-lenquete-sur-christelle-oudin

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