La cour d'appel de Paris se
prononce mardi sur les recours déposés dans l'affaire Neyret par des avocats qui
contestent la validité de l'enquête pour corruption menée sur la dérive supposée
de l'ancien N°2 de la police judiciaire lyonnaise, écroué depuis plus de six
mois. La chambre de l'instruction rendra à huis clos à 14H00 sa décision sur les
sept requêtes en nullité qu'elle avait examinées début avril. Soupçonné d'avoir
fourni des renseignements à des personnes réputées proches du milieu lyonnais,
Michel Neyret a été mis en examen en octobre, notamment pour corruption, trafic
d'influence, association de malfaiteurs ou encore trafic de stupéfiants, et
placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de La Santé. Son épouse,
quatre autres policiers, un douanier et trois personnes soupçonnées
d'appartenir au milieu lyonnais ont également été mis en examen. La question de
la légalité des transcriptions d'écoutes téléphoniques à l'origine de cette
affaire, qui a traumatisé la police, est au nombre des moyens soulevés pour
contester l'enquête. A deux reprises, les enquêteurs auraient transcrit des
faits qui ne correspondaient pas à leur saisine. Or une transcription doit être
faite dans un cadre juridique. Si des écoutes révèlent d'autres infractions que
celles sur lesquelles ils enquêtent, les policiers doivent prévenir le juge
d'instruction, qui en informe le parquet, seul à même de décider de
l'opportunité de poursuivre ces faits particuliers. Ce sont des écoutes sur un
trafic de cocaïne qui ont éveillé des soupçons de possibles faits de corruption
impliquant M. Neyret. Certains avocats contestent également la compétence de
l'Inspection générale des services (IGS) pour conduire une enquête dans la
région lyonnaise. "Il y a eu un tir de barrage de la défense", observe un avocat
de M. Neyret, Me Yves Sauvayre, qui ajoute: "Les requêtes en nullité sont
parfois pour la forme, mais là, on a un espoir tout à fait solide, car ce n'est
pas du vent". L'ancienne figure emblématique de la police lyonnaise, pour
laquelle un comité de soutien s'est constitué, a de nouveau été entendue les 2
et 16 mai par les juges Patrick Gachon et Hervé Robert, qui vont devoir statuer
sur une demande de libération déposée par les conseils de M. Neyret."On attend
une réponse en milieu de semaine", a précisé Me Sauvayre.
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