Les procureurs fédéraux américains ont annoncé vendredi qu'ils abandonnaient leurs investigations sur d'éventuelles pratiques dopantes du septuple vainqueur du Tour de France, Lance Armstrong, et de certains de ses équipiers.
Le bref communiqué par lequel le procureur fédéral Andre Birotte Jr. a annoncé la fin de l'enquête ne détaille pas la nature des investigations qui étaient menées. Il se contente d'indiquer que ses services «mettent fin à une enquête sur les membres et associés d'une équipe de course cycliste en partie propriété de Lance Armstrong».
Une source proche de l'enquête a précisé cependant que l'enquête désormais abandonnée visait à déterminer si l'équipe cycliste avait trompé son sponsor, l'US Postal, en recourant à un programme de dopage. Dans le droit américain, le dopage ne constitue pas un crime fédéral.
L'avocat de Lance Armstrong s'est félicité de ce développement. «C'est une grande nouvelle. Lance est soulagé que le procureur fédéral ait pris la bonne décision, et est plus déterminé que jamais à consacrer son temps et son énergie à Livestrong (ndlr, son association de lutte contre le cancer) et aux causes qui ont défini sa carrière», a ajouté Mark Fabiani dans un communiqué.
Une autre enquête se poursuit
Lance Armstrong n'en a cependant peut-être pas terminé avec les accusations portées contre lui: l'agence américaine antidopage USADA a en effet annoncé vendredi qu'elle poursuivait ses propres investigations sur le dopage dans le cyclisme.
«Contrairement au procureur fédéral, la mission de l'USADA est de protéger le sport propre et pas de faire appliquer des lois criminelles spécifiques», a dit son directeur, Travis Tygart, dans un communiqué diffusé vendredi. «Notre investigation sur le dopage dans le cyclisme se poursuit et nous espérons obtenir les informations recueillies dans le cadre de l'enquête fédérale», a-t-il ajouté.
Accusations de Floyd Landis
Le champion cycliste américain, qui s'est retiré de la compétition l'an dernier, n'a jamais pu balayer totalement les accusations de dopage qui planent sur sa carrière.
Un de ses anciens équipiers, Floyd Landis, vainqueur du Tour de France en 2006 avant d'être déclassé pour un contrôle positif à la testostérone, l'a notamment accusé en 2010 d'avoir eu non seulement recours à des substances interdites mais aussi d'avoir initié des équipiers aux pratiques dopantes.
L'épouse de Frankie Andreu, un autre ex-équipier d'Armstrong, a affirmé sous serment que le septuple vainqueur du Tour avait reconnu avoir eu recours à des produits dopants. Dans sa déposition, citée par le magazine Sports Illustrated, Betsy Andreu a rapporté qu'Armstrong, qui a interrompu sa carrière pour se soigner d'un cancer aux testicules avant de revenir au plus haut niveau, avait confié à des médecins avoir utilisé de l'EPO, des hormones de croissance, des corticoïdes, des stéroïdes et de la testostérone.
Depuis 2001, l'USADA dit avoir effectué 27 contrôles sur Armstrong, tous négatifs (ce chiffre ne tient pas compte des contrôles pratiqués par les instances internationales). En 2006, à la suite de révélations du quotidien français L'Equipe sur la présence présumée de traces d'EPO dans ses échantillons d'urine prélevés lors de sa victoire en 1999, une enquête appuyée par l'Union cycliste internationale (UCI) avait blanchi Lance Armstrong.
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