mardi 7 février 2012

Disparition du petit Mathis : un témoin relance l’enquête

Sylvain Jouanneau ne se défait pas d’un inquiétant mutisme. Depuis son interpellation, le vendredi 9 décembre à Villeneuve-lez-Avignon, il n’a toujours rien lâché qui puisse permettre de savoir ce qu’est devenu son fils Mathis. Le 4 septembre 2011 à Caen (Calvados), au terme de l’exercice de son droit de visite, il ne l’avait pas remis à sa mère et l’avait enlevé.
Après avoir été aperçu mi-octobre à Six-Fours (Var), puis à Valréas, au Grau-du-Roi, à Sète, à Palavas-les-Flots, ou encore à Marseille, Sylvain Jouanneau avait finalement été arrêté deux mois plus tard alors qu’il marchait au bord d’une route entre Sauveterre et Villeneuve-lez-Avignon. Mais il était seul. Depuis, ce père de famille de 37 ans, muré dans le silence, n’a toujours pas révélé quel sort il a réservé à son fils de 8 ans.
Il avait pourtant dit l’avoir confié à des proches, en lui expliquant que sa mère et son beau-père avaient trouvé la mort dans un accident de voiture. Rien d’autre depuis.
Mais Catherine Denis, le procureur de la République de Caen, ne cache pas son inquiétude. Au lendemain de l’interpellation de Sylvain Jouanneau, elle avait confié qu’il « souffre d’une instabilité psychologique qui peut le conduire à faire preuve d’agressivité, voire de violence. »

Une "inquiétude très forte"

L’éventualité que son fils soit mort est même évoquée par les enquêteurs. Et sur l’avis de recherche qu’elle a largement diffusé, la Police nationale stipule que « l’inquiétude concernant le sort de Mathis est très forte ».
Depuis, les investigations menées par les hommes de l’Office central pour la répression des violences aux personnes et par ceux de l’antenne de Caen du SRPJ de Rouen n’ont toujours rien donné.
Pourtant ils vérifient le moindre témoignage, et recoupent chaque information.
Il se trouve que leurs collègues de l’antenne d’Avignon du SRPJ de Montpellier sont aussi directement impliqués dans cette enquête.
Et plusieurs témoignages leur sont parvenus de la part de personnes qui disent avoir aperçu cet homme dans la région.
Parmi les plus crédibles, celui d’une femme qui aurait vu Sylvain Jouanneau fin novembre à Rognonas, et qui a été entendue vendredi par les hommes du SRPJ d’Avignon.
C’est ainsi que depuis le week-end dernier, les investigations se concentrent localement sur cette partie du nord des Bouches-du-Rhône, à quelques dizaines de kilomètres d’Avignon. Avec une obsession, retrouver Mathis.

Enquête dans les foyers d’hébergement

À Rognonas, mais aussi Châteaurenard et Barbentane, les enquêteurs multiplient les investigations, notamment auprès des foyers d’hébergement.
En effet, après l’enlèvement de son fils, tout porte à croire que Sylvain Jouanneau, dont on pense qu’il couchait aussi parfois à la belle étoile, errait de structure d’accueil en structure d’accueil.
Même si lors de son interpellation, il avait sur lui une quinzaine de milliers d’euros en espèces.
Voici pourquoi, dans un premier temps en tout cas, les policiers avignonnais ciblent prioritairement ce type d’établissements.
Hier soir, les enquêteurs du SRPJ de Caen ont confirmé que, depuis sa cellule, Sylvain Jouanneau s’obstine désespérément à ne toujours rien dire.
http://www.ledauphine.com/vaucluse/2012/02/06/disparition-du-petit-mathis-un-temoin-relance-l-enquete

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