jeudi 2 février 2012

Concordia : la justice française ouvre une enquête

Le parquet de Paris a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le naufrage du Concordia, le paquebot qui s'est échoué le 13 janvier près d'une île italienne, et a demandé à la gendarmerie maritime d'entendre les rescapés français.
La gendarmerie maritime "est chargée de procéder à l'audition de l'ensemble des passagers français rescapés afin de déterminer les circonstances du naufrage et les conditions d'évacuation du navire et de sauvetage et d'évaluer leur préjudice personnel et le retentissement psychologique causé par cet accident", a précisé le parquet dans un communiqué. Parmi les 462 Français à bord, quatre ont perdu la vie, deux sont portés disparus.

Plainte pour homicide involontaire

Un rescapé bordelais avait fait part peu après le naufrage de son intention de porter plainte contre Costa Croisières, "défaillante" selon lui. Un avocat toulonnais de rescapés, Me Frédéric Casanova, a également annoncé le dépôt d'une plainte contre la compagnie pour "non-assistance à personne en danger, mise en danger de la vie d'autrui, homicide involontaire et manquements aux consignes de sécurité". La famille d'un Français, originaire de la banlieue de Toulouse, mort dans le naufrage, a également annoncé une plainte pour homicide involontaire.

Les familles d'un jeune couple de Sarcelles (Val-d'Oise) disparu se joignent également au collectif monté à Bordeaux par Anne Decré et ne déposeront pas de plainte individuelle, a-t-on appris dans leur entourage. Le bilan de l'accident est de 17 morts et 15 disparus. Le paquebot transportait 4.229 personnes.

La compagnie propose 11.000 euros couvrant la perte des bagages, des effets  personnels, à l'exception de ceux qui pourraient être récupérés dans les coffres-forts du bateau, et les "dommages personnels extrapatrimoniaux", parmi lesquels le préjudice moral. En acceptant cette indemnité forfaitaire, les passagers s'engagent à "n'avoir aucune autre prétention devant les tribunaux civils et pénaux", selon la quittance que soumet la compagnie aux familles. Une proposition qualifiée de "chantage" par la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs (Fenvac). Sur le plan judiciaire, en Italie, où est conduite l'enquête principale, deux personnes sont poursuivies : le commandant du navire Francesco Schettino et son second, Ciro Ambrosio, pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire

Aucun commentaire: