dimanche 5 février 2012

Affaire Kulik: la traque scientifique du violeur

La technique utilisée pour identifier l'un des agresseurs d'Élodie Kulik était inédite en France. C'est de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie qu'est venue la solution. Reportage.

Depuis janvier 2002, les gendarmes de la section de recherches de la région de gendarmerie de Picardie, chargés de l'affaire du meurtre d'Élodie Kulik, étaient confrontés à un véritable problème. Lors de la découverte du corps de la jeune femme, des traces d'ADN ont bien été relevées sur un préservatif, un chiffon et un mégot de cigarette. Des traces identiques, mais qui ne correspondent à aucune de celles conservées dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). C'est de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) qu'est venue la solution.

Au cours de leur carrière, les officiers de gendarmerie sont conduits à occuper divers postes. L'un d'entre eux est passé par l'IRCGN avant d'être affecté à Amiens et se souvient d'une technique, encore inédite en France, mais utilisée par le FBI aux États-Unis et par Scotland Yard en Grande-Bretagne. Il s'agit de procéder à des rapprochements par familles d'ADN qui permettent de mettre en évidence des ressemblances avec un ADN «nucléaire », la carte d'identité génétique d'une personne, qui est unique et provient par moitié de son père et de sa mère.

L'utilisation de cette nouvelle technique dans l'affaire Kulik a été validée par les plus hautes autorités judiciaires. Un choix décisif car elle va permettre d'identifier dans le FNAEG un profil présentant des similitudes avec celui trouvé sur le lieu du crime. Deux techniciens du FNAEG travaillent pendant une semaine pour confirmer cet apparentement. Le profil est celui d'un homme qui a été incarcéré à la suite d'une agression sexuelle. Les soupçons se portent sur son fils Grégory Wiart, qui s'est tué sur une route de l'Aisne en novembre 2003.

La mère de Grégory Wiart vit à Montescourt-Lizerolles, une commune proche de Saint-Quentin où est enterré son fils. On prélève son ADN et les deux pièces de ce puzzle correspondent parfaitement.

Le risque d'erreur est infinitésimal mais le corps du jeune homme a été exhumé et les prélèvements effectués ne laissent subsister aucun doute : Grégory Wiart est bien le violeur d'Élodie Kulik. Jacky Kulik, le père d'Élodie, connaît désormais une partie de la vérité
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Affaire-Kulik-la-traque-scientifique-du-violeur

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