jeudi 5 janvier 2012

David Roquet, licencié par Eiffage, se rebiffe et écrit que le groupe « savait parfaitement »

Toujours emprisonné à Arras depuis le début du mois d'octobre, David Roquet se dit aujourd'hui dans « une situation inextricable ». ...

Déjà entendu le 13 décembre par les juges d'instruction, il le sera de nouveau ce mois-ci. Mais en attendant, c'est à son employeur qu'il s'adresse depuis le fond de sa cellule. Ou son ex-employeur, puisqu'il a été licencié par courrier daté du 7 novembre par la société Matériaux enrobés du Nord (MEN, filiale du groupe Eiffage), dont il était directeur.
Selon ce courrier, Eiffage a « découvert par les médias » la mise en cause de David Roquet dans la procédure judiciaire de l'affaire du Carlton, et c'est ainsi que ses dirigeants ont « procédé à des vérifications comptables ».
Conclusions : « Vous avez utilisé les fonds de la société MEN pour financer des frais de réception, ainsi que des déplacements à l'étranger (...). Ces frais, d'un montant très important, engagés pour votre compte personnel et celui de vos relations personnelles, sont non seulement sans lien avec vos fonctions, mais encore susceptibles d'altérer gravement (...) l'image et la réputation de notre société... » On le sait, David Roquet conteste ces accusations. « Il a fait des notes pour ses frais professionnels, et le reste - les prostituées, notamment - a été payé de sa poche », dit Stefan Squillaci, son avocat.
Et c'est peu dire qu'il conteste. Dans un courrier daté du 22 décembre, depuis la prison d'Arras, David Roquet durcit le ton : « Les factures dont vous parlez ont été portées à votre connaissance dans la transparence la plus absolue. Vous connaissiez donc parfaitement la nature des frais de réception engagés par mon intermédiaire, que je n'ai jamais cherché à dissimuler. »

Aux prud'hommes ?

Pour mémoire, il rappelle la rigueur des contrôles de comptabilité et s'agace : « Aurais-je été assez naïf pour faire figurer en nos livres des pièces qui auraient forcément été vues, contrôlées et qui auraient pu m'être reprochées ? » Roquet accuse : « Vous savez parfaitement que les frais engagés sont tout à fait en lien avec mes fonctions. » Ce qu'il a également dit devant les juges, précisant qu'il avait parlé de Dominique Strauss-Kahn à ses supérieurs et que ceux-ci s'étaient montrés intéressés. « Je vous demande en conséquence de bien vouloir revenir sur votre décision », conclut-il. Stefan Squilacci s'apprête néanmoins à saisir les prud'hommes.
http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2012/01/05/article_david-roquet-licencie-par-eiffage-se-reb.shtml

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