jeudi 13 octobre 2011

Lille : Une nouvelle affaire met en cause des policiers

Au palais de justice de Lille, le dossier est codé, car jugé ultrasensible. Une cellule spéciale de quatre policiers a été mise en place au sein de la police judiciaire lilloise. Ses précautions ne sont pas de trop, car les faits sont explosifs. C'est une affaire de proxénétisme autour d'un groupe Politel qui regroupe trois hôtels lillois, dont le Carlton sur la Grand'Place, et qui mouille, outre les dirigeants de ce groupe, un avocat, des entrepreneurs locaux, des proxénètes belges et des policiers, le tout sur fond de réseaux francs-maçons. Une affaire délicate qui fait écho au dossier de Michel Neyret, numéro deux de la PJ, mis en examen et écroué pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, détournement de biens et violation de secret professionnel.
Parties fines

Depuis une semaine, les auditions se multiplient devant deux juges d'instruction lillois. Et actuellement, le P-DG du groupe d'hôtels, Hervé Franchois, et un avocat réputé du barreau lillois sont en garde à vue. Par ailleurs, l'IGPN a entendu cinq policiers, dont un commissaire divisionnaire. Au centre de cette affaire, un personnage trouble : René Kojfer, chargé des relations publiques au Carlton. Il a été le premier dirigeant de l'hôtel à avoir été mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée. Un choc dans le milieu du luxe et de la nuit dans lequel gravitait depuis trente ans cet ancien marchand de vêtements. Ce personnage réputé proche du monde policier (en clair un indic) est soupçonné d'avoir recruté des prostituées et de les avoir fournies à un proxénète belge, un certain Dominique Alderweireld, dit Dodo, interpellé et écroué en Belgique. Cet ancien proxénète du nord de la France possède une dizaine d'établissements (bars montants) dans lesquels se prostituent 160 hôtesses venues d'Angola, de Madagascar, du Brésil, de France, d'Algérie et d'Irak. Certaines de ces filles pouvaient participer à des parties fines dans les trois hôtels lillois.

Depuis l'incarcération de René et Dodo, d'autres dirigeants du groupe Politel ont été mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée. Depuis mercredi matin, un avocat réputé du barreau de Lille et spécialisé dans la défense de policiers est en garde à vue, soupçonné d'avoir touché des enveloppes de la part de Dodo par l'intermédiaire de René. Il aurait notamment présenté une de ses clientes à René, qui lui-même l'a présentée à Dodo pour qu'elle se prostitue dans les bars de Dodo en Belgique et les hôtels lillois.
Adjoint de Michel Neyret
Cinq policiers, dont un commissaire divisionnaire, sont aussi dans le collimateur des juges. Notamment un ancien adjoint de Michel Neyret à la brigade de recherche et d'intervention à Lyon, entre 1990 et 1995. Les juges s'intéressent au rôle de ce patron de service et des quatre autres policiers dans le fonctionnement du réseau. Le commissaire divisionnaire aurait notamment co-organisé avec un chef d'entreprise, lui aussi en Garde à vue, une partie fine à laquelle aurait participé un homme politique Il apparaît dans la procédure qu'un officier de police judiciaire, l'ancien chef des moeurs à Lille, était au courant des activités reprochées aujourd'hui à René Kojfer. Encore une histoire d'indics qui tourne mal
http://www.lepoint.fr/societe/lille-une-nouvelle-affaire-met-en-cause-des-policiers-12-10-2011-1383829_23.php

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