Les policiers privilégient toujours la piste de l'accident dans la mort à Lille, en début d'année, de trois jeunes hommes. L'un d'eux, Jean-Mériadec Le Tarnec, était originaire d'Auneuil, dans l'Oise.
L'enquête préliminaire de la Police judiciaire de Lille se terminera à l'automne. Mais il n'y a aucun élément nouveau pouvant attester une thèse criminelle. On s'oriente vers un classement sans suite. » Le procureur de Lille, Frédéric Fèvre, ne laisse guère planer de doute sur l'épilogue de l'affaire des «noyés de la Deûle » : la disparition en début d'année de trois jeunes hommes (John Ani, 33 ans, Thomas Ducroo, 26 ans et Jean-Mériadec Le Tarnec, 22 ans, un étudiant en droit originaire d'Auneuil dans l'Oise) retrouvés plus tard noyés, dans le centre historique de Lille. Dans les trois cas, il s'agit de jeunes hommes, étudiants ou jeunes actifs, qui rentraient seuls chez eux, après avoir fait la fête tard dans la nuit.
Le procureur de Lille et les enquêteurs n'avaient jamais voulu faire de rapprochement entre les trois cas. L'autopsie des corps avait aussi permis de déterminer que les trois disparus étaient morts par noyade et ne portaient aucune trace de coups.
Soupçons d'homophobie
Malgré cela, une sorte de psychose avait vu le jour, alimentée par des témoignages notamment sur internet. «Des accidents ? Je n'y crois pas une seconde », «je suis en colère par cette série qu'on nous fait classer en "accident", en "beuverie"», écrivaient alors des internautes. Le magasine gay Têtu a aussi mis en avant «un soupçon d'homophobie » à propos des trois affaires, se fondant sur le fait que «John était connu pour fréquenter les lieux gays du quartier », et que «Thomas a été aperçu pour la dernière fois en sortant du Privilège, un bar gay ». Un internaute avait réagi en disant qu'il avait lui-même été victime d'une agression homophobe, avec un «deal simple » : «Tu sautes ou alors tu as un coup de couteau. »
Le procureur de la République de Lille balaie ses thèses en mettant en avant le sérieux de l'enquête. «Les policiers ont eu beaucoup de personnes qui se sont manifestées pour témoigner. Tout a été vérifié avec sérieux, mais à chaque fois on est arrivés dans une impasse. C'était des plaisantins ou des gens mal informés. », explique-t-il à nos confrères de la Voix du Nord. Des surveillances nocturnes ont également été mises en place. En vain.
Le classement sans suite ne satisfait pas certains proches des victimes notamment la compagne de Thomas Ducroo. Elle envisage un dépôt de plainte avec constitution de partie civile, qui entraînerait la saisine d'un juge d'instruction et une nouvelle enquête.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Trois-jeunes-noyes-de-Lille-l-enquete-dans-l-impasse
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