Le «Canard enchaîné» publie les documents qui prouvent que l'ancien ministre du Budget avait eu d'autres évaluations sur le prix de vente.
Depuis un an, Éric Woerth ne cesse de le répéter : il n'a pas bradé l'hippodrome de Compiègne, vendu 2,5 millions d'euros à la société de courses de Compiègne. L'ancien ministre (UMP) du Budget rabâche qu'il n'a «jamais connu d'autre évaluation que celle de l'Administration ». Et malheur à ceux qui affirment le contraire. Mi-juillet, son avocat faisait savoir qu'il allait saisir le ministre de la Justice pour qu'il «engage des poursuites en diffamation » contre le Courrier picard et le Canard enchaîné, après qu'ils avaient indiqué qu'Éric Woerth avait eu connaissance d'autres estimations de prix supérieures à 2,5 millions.
Dans son édition de cette semaine, l'hebdomadaire satirique met à mal la défense du maire de Chantilly. Il publie trois extraits de documents qui prouvent qu'Éric Woerth avait bien d'autres estimations. On lit ainsi que le 22 juillet 2009, le directeur technique et commercial de l'Office national des forêts, Bernard Gamblin, conteste dans une note la première proposition de l'acheteur à 1,5 million d'euros : «Ces bases n'ont aucun lien avec la valeur réelle de ces terrains qui est au moins 10 fois supérieure à cette estimation ».
Une estimation entre 11 et 19 millions d'euros
Le 16 mars 2010, c'est le président de la commission pour la transparence des opérations immobilières de l'État, Philippe Dumas, qui dans un e-mail «urgent et confidentiel » indique que «l'évaluation faite par France Domaine retient une valeur de 4.5 €/m² » alors que lui l'estime entre «20 à 35 € le m² ». Soit un prix entre 11 et 19 millions d'euros.
Le 1er septembre 2009, le directeur général des Finances publiques, Philippe Parini, avertit Éric Woerth qu'il faut nécessairement lancer un appel d'offres et une « expertise privée pour établir la valeur du bien afin de ne pas confondre les fonctions de vente et d'évaluation ». Ni cette lettre, ni les deux précédentes, n'ont été prises en considération à Bercy.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Hippodrome-trois-courriers-contredisent-Eric-Woerth
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