Une enquête préliminaire a été ouverte à Aurillac pour déterminer les responsabilités dans l'accident survenu dimanche sur la 9e étape du Tour de France. La chute du Néerlandais Johnny Hoogerland et de l'Espagnol Juan-Antonio Flecha, heurtés par une voiture de France Télévisions, a provoqué un choc.
La journée de repos a permis aux coureurs du Tour de France de panser plaies et bosses. Mais les chutes, nombreuses durant la première semaine de course, ont accaparé les esprits dans les hôtels des équipes.
Une enquête a été ouverte, qui a été confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie d'Aurillac, a précisé le procureur d'Aurillac, Jean-Pascal Violet. Elle permettra «de déterminer qui est en cause» dans cet accident, a-t-il ajouté.
Les deux coureurs ont été projetés sur des barbelés par une voiture technique «Euro Media», siglée France Télévisions, chargée d'assurer le suivi technique pour la retransmission télévisée, qui voulait doubler le groupe de coureurs échappés sur la route menant à Saint-Flour. La voiture a été exclue du tour.
Le manager de l'équipe de Flecha n'exclut pas une action en justice
Le manager de Team Sky, Dave Brailsford, a confirmé aujourd'hui qu'il n'excluait pas d'intenter une action en justice après l'accident survenu dimanche à son coureur Juan Antonio Flecha heurté par une voiture de France Télévisions sur la route du Tour de France.
«On travaille avec ASO (l'organisateur du Tour) pour établir les faits, c'est la première étape», a-t-il dit à Reuters. «Ensuite, nous étudierons toutes les options dont nous disposons avant de prendre une décision et peut-être d'intenter une action en justice», a-t-il ajouté. «Je dois dire que je suis très satisfait de la réaction des dirigeants d'ASO. Ils sont très corrects. Je suis très content de la façon dont ils gèrent cette situation. Eux et nous, nous travaillons à huis clos.»
Le manager de Team Sky s'est dit plutôt rassuré par les examens médicaux passés par Juan-Antonio Flecha lundi matin, à l'hôpital de Saint-Flour. «Les radios ont confirmé que son coude n'est pas fracturé mais il a fallu lui poser des points de suture», a-t-il. «Il ne fera pas de vélo aujourd'hui et nous verrons mardi matin s'il est en mesure de poursuivre le Tour de France.»
L'action juridique «pas la priorité» de l'équipe Vacansoleil de Hoogerland
Quant à l'équipe Vacansoleil, du coureur Johnny Hoogerland, renversé dimanche par une voiture suiveuse du Tour de France, elle a annoncé lundi qu'une action juridique contre le chauffeur du véhicule incriminé n'était «pas sa priorité» pour le moment.
«ASO m'a contacté hier soir (dimanche) et ils sont venus avec deux personnes de France Télévisions, ils se sont excusés. Nous avons accepté ces excuses. On a surtout parlé pour l'avenir, c'est le plus important», a expliqué le directeur sportif de la formation néerlandaise Hilaire van der Schueren.
«Je pense qu'il y a trop de motards derrière le peloton. Ce n'est pas facile pour nous (directeurs sportifs) de travailler derrière le peloton. Il y a les motards de l'organisation, les motards des commissaires, des photographes, la gendarmerie.... C'est beaucoup», a-t-il estimé.
33 points de suture
Hoogerland a reçu 33 points de suture principalement aux genoux et aux jambes. Il a estimé que «ce n'est la faute de personne» avant de déclarer ne «pas pardonner» au chauffeur du véhicule même si c'était «un accident» et que ce dernier ne l'avait «pas fait exprès».
«Peut-être que c'était une chance de gagner une étape sur le Tour, c'était peut-être aussi ma chance d'amener le maillot de meilleur grimpeur à Paris. Je ne le saurais jamais. Je me sentais mieux que jamais durant toute ma carrière. Maintenant, je ne sais même pas ce que je pourrais faire demain (mardi)», a-t-il poursuivi. «Il (le chauffeur) ne l'a peut-être pas fait exprès, mais il m'a fait tomber. Je suis mécontent. Toute ma vie, j'aurais les marques de cette chute», a-t-il enchaîné. Interrogé sur la sécurité du tour, il a affirmé : «la route d'hier (dimanche) n'était pas dangereuse. Tout est très bien organisé».
«Je pense que les personnes dans la voiture se sentent très coupables et je suis sûr qu'elles s'excuseront auprès de moi et Flecha. On peut être heureux d'être encore encore en vie», a-t-il estimé à l'arrivée de l'étape, qu'il a rejoint avec plus de 16 minutes de retard sur le vainqueur, l'Espagnol Luis Leon Sanchez.
France Télévisions a présenté ses excuses aux coureurs
France Télévisions a publié dimanche un communiqué dans lequel elle «tient à présenter toutes ses excuses aux coureurs, aux équipes et à Amaury Sport Organisation» (ASO), après l'accident survenu à deux coureurs (Hoogerland, Flecha) renversés par une de ses voitures suiveuses.
«Mobilisée depuis de nombreuses années aux côtés d'ASO sur cet enjeu essentiel que constitue la sécurité sur les routes du Tour, France Télévisions ne peut que regretter vivement l'incident intervenu aujourd'hui et s'associer pleinement aux mesures qui seront prises par ASO pour renforcer encore la sécurité au sein et autour de la course», ajoute le communiqué de France Télévisions.
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